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May 28, 2010

L’avenir libéral du fédéralisme

Filed under: Uncategorized — admin @ 12:57 pm

La rénovation fédéraliste qui s’opère aujourd’hui en Italie (voir http://www.reseauliberte.eu/?p=95 ) pose aujourd’hui les bases d’une autre rénovation de la démocratie qui prendrait comme fil directeur la tradition libérale.

Une des tâches les plus urgentes du fédéralisme libéral devrait être la limitation du pouvoir étatique et l’élimination des positions dominantes de l’état dans le domaine économique. On considère habituellement que ces dernières ont leur origine dans l’absence de liberté économique.

L’ordre constitutionnel et démocratique ne peut être viable que s’il reconnaît et combat activement l’existence de concentrations de pouvoir incompatibles avec la liberté. Il s’agirait donc de généraliser le principe constitutionnel de la limitation du pouvoir en l’appliquant au monde de l’économie, qui souffre beaucoup, aujourd’hui, des distorsions dues aux nouveaux oligopoles, dont certains États faibles se font les complices.

La gauche a de grandes difficultés à mener à bien cette rénovation parce qu’elle ne parvient pas à se défaire de sa tendance à l’étatisation. Les socio-démocrates n’ont pas encore compris que l’exigence de dérégulation n’est pas un slogan capitaliste mais l’exigence croissante d’une société individualisée. La gauche a manqué l’occasion de s’approprier cette revendication d’un espace plus ample de liberté pour la gestion autonome de sa propre vie. Elle n’a pas su profiter de cette chance qui lui était offerte : convertir le désir de dés-étatisation en tremplin pour une rénovation libérale de la société et pour éviter l’instrumentalisation de celle-ci par les pouvoirs économiques. Si le socialisme veut à nouveau être reconnu comme une force de transformation de la société, il doit récupérer sa capacité subversive, libertaire. Peut-on concevoir une gauche individualiste, anti-étatique, qui ne chercherait pas à réaliser la justice sociale au moyen de la redistribution étatique mais grâce à une meilleure égalité des chances face au marché, en promouvant l’initiative et la responsabilité ?

Une telle rénovation du socialisme n’est concevable que si l’on se livre à un examen général de son histoire, en remontant jusqu’à ses origines. Au XVIIIe siècle, la gauche était favorable non seulement à la liberté politique mais à la liberté économique. Les différentes traditions qui lui donnèrent forme défendaient le marché libre et l’ouverture du commerce mondial, et elles croyaient en la force civilisatrice de la passion du lucre. Ce furent les apologistes de la restauration qui réclamèrent un contrôle strict de la vie économique. La première critique radicale du capitalisme fit son apparition du côté de la droite autoritaire. Cette corrélation s’inversa au XIXe siècle. La gauche devint collectiviste et, grâce à la répression des courants libertaires du mouvement ouvrier, elle se convertit à la défense de la planification étatique. La droite, inversement, d’abord antilibérale, se transforma jusqu’à se faire l’avocate de la liberté d’entreprise. L’idée du laisser-faire ne fut donc jamais le monopole du libéralisme bourgeois, il était également présent dans les aspirations libertaires du mouvement ouvrier.

La critique habituelle du système économique mondial stigmatise la marchandisation, comme si le marché était responsable de la misère du monde. Le problème réside plutôt dans le fait qu’il n’existe pas d’authentique économie de marché. Aucune grande entreprise n’aurait pu atteindre sa taille actuelle sans la protection de l’Etat. Les moins intéressés par l’existence d’un marché véritablement libre sont les grands groupes, qui ont constitué leur énorme masse de capital en dépouillant les citoyens.

Le fédéralisme libéral est la réponse objective pour promouvoir une véritable égalité des chances dans le domaine économique. La mondialisation peut être utilisée pour dépouiller de leur pouvoir les concentrations économiques existantes et ouvrir effectivement les marchés mondiaux. La création d’une plus grande égalité des chances dans un marché libre, se substituant à la redistribution centralisée, pourrait donc être l’objectif de ceux qui cherchent, aujourd’hui, à combiner les idées libérales, fédérales et sociales.

May 1, 2010

L’Europe vers le fédéralisme

Filed under: Uncategorized — admin @ 12:29 pm

Dire : “On ne fait pas du fédéralisme avec du nationalisme : ce ne sont pas des drapeaux qu’il faut ajouter à l’Europe, mais des projets, des ambitions et des volontés.” (1) est assez croustillant lorsqu’on sait que l’Europe s’honore de bâtir son unité dans la diversité !

La devise “unie dans la diversité” est une version à peine modifiée de l’une des devises des Etats-Unis, e pluribus unum. Pour les USA, la traduction donnera quelque chose comme : “l’unité émergeant de la diversité”. Pour l’Europe, la devise exprime la même idée tout en laissant entendre que la diversité est préservée au même titre que l’unité.

On notera tout de même qu’on ne sait pas ce qu’il s’agit d’unir : citoyens, peuples, nations ou ethnies.

Plus de cinquante ans après 1957, il convient d’être encore plus sceptique : l’Europe au quotidien ne symbolise rien, ou presque, et l’élargissement de l’espace Schengen (la novlangue rythme la vie européenne d’ailleurs) crée sans doute plus d’inquiétude que d’espoirs. L’Europe des symboles politiques, elle, constitue un échec certain : un drapeau catholique, un hymne officiel allemand, une monnaie impuissante, une journée du premier mai dont personne ne se soucie.

Le plus grand crime de l’Europe ne réside-t-il pas là : dans la volonté uniquement administrative de faire évoluer les références symboliques de ses populations à un rythme qu’elles n’entendent pas et ne peuvent pas suivre. Cinquante après, l’Europe ne signifie pas grand chose mais pourtant on y croit !!

Claude Guillemain
Breizh 2004

(1) http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=18133

April 21, 2010

La revanche de Longuet

Filed under: Uncategorized — admin @ 9:11 pm

Droite. Retour au premier plan après des années de démêlés judiciaires.

Gérard  LonguetPlus que jamais “libéral”, l’ancien membre de la “bande à Léo”, propulsé par Sarkozy à la tête des sénateurs UMP, fait (ré)entendre sa voix – parfois discordante. Retour sur un étonnant “come-back”. Ses confidences à “Valeurs actuelles”.

Quatorze ans, quatre mois et dix jours… C’est le temps qu’il aura fallu à Gérard Longuet pour être définitivement blanchi, fin février, dans l’affaire du financement occulte du Parti républicain, qui traînait depuis 1994 et sa démission forcée du gouvernement Balladur. La fin d’une longue série – quatre, au total ! – de relaxes et de non-lieux dont aura bénéficié le président (élu en 2008) du groupe UMP au Sénat. Désormais délesté de cet ultime « boulet », qui lui a valu un long purgatoire ministériel, Longuet a, dit-il, le sentiment de « marcher plus vite ». Son honneur retrouvé, « il est comme libéré », assure l’un de ses collaborateurs. Ironie de l’histoire : élu pour la première fois à l’Assemblée nationale à l’âge de 32 ans, en 1978, c’est aussi… trente-deux ans plus tard qu’il entame un “comeback” tonitruant. Trop longtemps contraint à la discrétion, plus question pour ce faux placide de retenir ses coups ou de taire ses convictions – au risque de choquer, y compris dans son propre camp.

À 64 ans, sa taille de jeune homme tranche avec la bedaine rebondie de la plupart de ses collègues sénateurs. Il revient pourtant, ce jour-là, d’un déjeuner qui l’a mis en retard et vous reçoit, le visage un peu chiffonné, dans son vaste bureau du palais du Luxembourg. Mais son oeil se rallume vite lorsqu’on l’interroge sur la récente polémique qu’il a déclenchée au sujet de l’éventuelle nomination (qui finalement n’aura pas lieu) de Malek Boutih à la présidence de la Halde. Interrogé le 10 mars sur LCP, il avait estimé que l’ex-président de SOS Racisme, et membre du PS, n’était « pas le bon personnage » pour succéder à Louis Schweitzer. Motif : « Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l’accueil de tous nos compatriotes. » Sitôt la formule lancée, l’homme avait dû faire face à un véritable hourvari de protestations. Jusqu’à Jean-Louis Borloo et Frédéric Lefebvre dénonçant des propos « malheureux » et « regrettables ». La gauche, pour sa part, s’enflammait comme elle ne l’avait pas fait depuis longtemps contre « une véritable théorie raciale totalement contraire à l’idée de la nation républicaine » (Harlem Désir) et cette « conception ethnique […] qui rappelle la France de Maurras » (SOS Racisme).

Disproportionné ? Assurément. D’autant que Longuet s’est expliqué : « J’ai simplement voulu, dit-il, afficher l’idée que nos compatriotes non issus de l’immigration devaient porter la charge d’une lutte qui est l’affaire de tous. » Parmi les (très) rares à l’avoir défendu, l’ancien ministre Luc Ferry s’est offusqué, dans le Figaro, que « l’une des personnalités intellectuelles et morales les plus estimables du monde politique fut clouée au pilori de la bien-pensance ». Mais rien n’y a fait. Lorsque, quelques jours plus tard, Boutih s’en prenait à son tour à son contradicteur – « Longuet ferait un bon gardien de parking. Il a une gueule à faire peur » –, pas une voix ne s’élèvera, à gauche comme à droite, pour condamner ses propos. Motif : pour beaucoup, l’ancien cofondateur du mouvement Occident, ayant toujours assumé son engagement d’autrefois à l’“extrême droite”, sent encore le soufre. Un « délit de sale gueule », ironise-t-il à son propre endroit…

Tout ou presque, il est vrai, a été dit ou écrit sur le « passé agité » de Longuet, jusqu’au début des années 1970, où il frayait encore, discrètement, avec le Front national naissant. Dans son livre la Droite la plus repentante du monde (Le Rocher), l’ancien député UMP Jérôme Rivière raconte en quelles circonstances – plutôt musclées – l’actuel patron des sénateurs UMP a croisé pour la première fois François Léotard qu’il rejoignit, des années après, avec Alain Madelin, au sein de la fameuse “bande à Léo” : « La rencontre eut lieu dans un couloir de Sciences Po, où Gérard traînait, à juste titre, une réputation d’indécrottable facho. En le voyant, certains étudiants s’écartaient : “Attention ! Voilà Longuet !” Léotard, lui, n’en savait rien. Il ne prêtera donc pas attention à ce grand type, marchant à larges enjambées, sanglé dans son imperméable. Arrivant à la hauteur de Léo, il le bouscule volontairement et François… se retrouve par terre. Sans que Longuet, continuant à foncer, se retourne… »

“Éric Zemmour a raison : c’est son droit et son devoir de dire la vérité”

« J’assume avoir été d’extrême droite. On s’est simplement trompés sur le modèle colonial, qui ne pouvait perdurer », reconnaîtra-t-il, des années plus tard. Pour autant, même après avoir intégré les Républicains indépendants puis l’UDF giscardienne peu après sa sortie de l’Ena (1973), s’être fait élire député de la Meuse (1978) et être nommé ministre des PTT (1986- 1988), l’homme a fait partie des élus de droite les moins hostiles à des accords avec le Front national. Jusqu’au 12 novembre 1991, où il fermait la porte à toute alliance : « Sur nos rapports avec le FN, c’est vrai, j’ai changé, déclarera-t-il sur Radio Shalom. J’appartiens à une génération qui a été très marquée par la division du monde en deux camps. De nombreux électeurs de droite de 40 ans et plus peuvent penser qu’il est logique de s’allier avec l’extrême droite pour battre la gauche. Mais les jeunes qui n’ont pas connu l’ampleur du combat anticommuniste n’acceptent pas une telle alliance. Ils ont raison […]. Je suis un homme de droite qui refuse de discréditer ses convictions en donnant le sentiment d’accéder au pouvoir à n’importe quelle condition, pour faire n’importe quoi avec n’importe qui. »

De même se dit-il aujourd’hui favorable à la proposition de loi – dénoncée comme « antidémocratique » par le FN – déposée par les députés UMP Éric Ciotti et Christian Vanneste visant à supprimer les triangulaires aux élections législatives : « Il ne doit, dit-il, y avoir que deux candidats au deuxième tour, comme à la présidentielle. Chaque électeur doit savoir que nous sommes dans un système binaire. Bien sûr, chacun a le droit de voter Besancenot ou Le Pen au premier tour, mais il importe, dans une élection de pouvoir, de dégager une vraie majorité au second. » Reste, comme il le confie aussi à Valeurs actuelles, que le prochain départ, en janvier 2011, du président du Front national, et son probable remplacement par sa fille Marine, pourrait être de nature à rouvrir le débat sur de futures ententes entre l’UMP et le FN : « Il est trop tôt, dit-il, pour parler d’alliances, mais le Front national – c’est un fait politique – ne sera sans doute plus le même et ne sera plus perçu de la même manière après le retrait de Jean-Marie Le Pen, dont l’âge, le parcours, les goûts personnels et la facilité à la provocation l’ont, en même temps, fait exister et marginaliser. Si le FN change, on peut changer. »

« Libéral de droite », comme il se définit – quand les deux mots sont si souvent considérés comme grossiers chez nombre de ses collègues ! –, enfin libéré du poids de sa dernière mise en examen et ne souhaitant pas être élu ad vitam aeternam, c’est en « homme libre »,que Longuet entend donc aborder cette nouvelle phase de sa carrière politique. Pas question, notamment, de taire ses « réactions épidermiques contre les oukases » du politiquement correct. La polémique suscitée par les propos d’Éric Zemmour sur la surreprésentation des «Noirs et des Arabes » dans les chiffres de la délinquance le fait réagir : « Pourquoi faudrait-il, sur certains sujets, cacher une réalité statistique ? On sait bien que sur les routes, il y a plus d’accidents de deux-roues, que la tabagie peut tuer… Sans doute Zemmour aurait-il dû faire plus attention à la forme, mais c’est son droit et même son devoir, comme pour les politiques, de dire la vérité. » Convaincu que dans le cadre du « quinquennat, qui oblige à l’action », Nicolas Sarkozy, dont il loue « l’énergie », reste le mieux placé à droite pour gagner la prochaine présidentielle, et agacé que l’opinion lui préfère aujourd’hui « le style bonasse et papa gâteau » de Jacques Chirac – dont il compare le second mandat à celui de René Coty ! – il n’hésite pas pour autant à contester le chef de l’État, quand il s’estime en désaccord. « Avec lui, sourit-il, les rapports sont loyaux, mais virils. »

“Je comprends que l’ouverture ne plaise pas à notre électorat”

Sur l’insécurité, le sénateur de la Meuse ne craint pas, ainsi, d’en faire le constat : « On n’a pas réglé le problème. Il ne faut rien laisser passer. » Idem sur la stratégie de listes uniques de l’UMP et de ses alliés au premier tour, à laquelle il confie n’être « pas favorable, même si, ajoute-t-il, présenter plusieurs listes n’aurait pas changé grand-chose aux régionales ». Même parler-vrai, encore, sur l’ouverture, qu’il estime ne plus devoir être poursuivie : « Je comprends très bien, dit-il, que ça ne plaise pas aux députés UMP, ni à notre électorat. » Longuet fut aussi, et il s’en félicite, l’un des tout premiers, dans la majorité, à oser critiquer la taxe carbone, estimant que ce nouveau prélèvement pénaliserait l’embauche et reviendrait, comme les 35 heures, « à s’attacher les pieds pour être sûr de courir moins vite ». Bien que favorable à « l’utilité pour tous du bouclier fiscal », il réclame désormais que soit engagée au plus vite « une réflexion d’ensemble sur la fiscalité des revenus de tous les Français ». À cette vieille revendication des libéraux, Longuet, décidément iconoclaste, vient d’en rajouter une autre : une hausse de la CRDS pour financer le déficit du régime des retraites, écornant, de fait, le principe de ce même bouclier fiscal. Motif : « Nous n’avons pas le droit de transmettre la dette accumulée par notre génération à la génération à venir sans faire une part d’effort. Quand on laisse des TGV ou des universités, oui, quand c’est juste pour des fins de mois, la réponse est non. »

Bref, à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Mais il est hors de question de revenir sur les “fondamentaux”. « Le problème de la France, explique-t-il, c’est qu’en matière de dépenses publiques, nous n’avons pas fait les efforts que l’Allemagne a réalisés depuis quinze ans. C’est la théorie du pouf. Quand vous vous cassez la figure en tombant sur un pouf, cela amortit le choc. L’ennui, c’est qu’après, on a du mal à se relever, car un pouf c’est très bas et très confortable. » Lui, à l’inverse, de style plutôt rugueux, est d’abord un « solide », selon l’ex-giscardien Roger Chinaud, qui se souvient de l’avoir accueilli, un jour de 1977, sur les conseils d’Alain Griotteray, qui avait repéré en cet exmilitant d’extrême droite « un jeune énarque costaud, connaissant bien les hommes et apte à occuper des responsabilités ». Les années en plus, ce sont les mêmes qualités qui ont convaincu Sarkozy, bien que Longuet n’ait jamais fait partie de ses intimes, de le placer à la tête du groupe UMP au Sénat et d’en faire leur porte-étendard. Quelles que soient les divergences entre les deux hommes, l’objectif est déjà atteint pour le chef de l’État : jamais, depuis que Charles Pasqua bataillait contre les socialistes dans les années 1980, on n’a autant parlé de la Haute Assemblée. De quoi “booster”ses élus de droite dans l’optique de la rude bataille qui les attend : empêcher le Sénat de basculer à gauche l’année prochaine. Le genre de combat que Longuet a toujours su mener.

Arnaud Folch

April 15, 2010

Chrétienté, la grande mutation

Filed under: Uncategorized — admin @ 10:02 pm

Un spectre hante l’Europe : celui de la déchristianisation. Il plane comme une ombre inquiétante sur un continent qui semble avoir oublié son baptême, et où le christianisme paraît se réduire à une peau de chagrin. Requiescat in pace. Il repose en paix dans des églises désertées. L’anticléricalisme lui-même ne fait plus recette. C’est là une loi de l’éthologie : le prédateur s’éteint avec sa proie. Dans ce contexte de désaffection, les chrétiens se sentent mal-aimés – et ils le sont souvent, René Rémond l’a dit sans détour, en 2000, dans le Christianisme en accusation –, mais il est bien plus vrai qu’ils ne sont plus tant attaqués qu’ignorés. L’audience du christianisme s’érode partout. Il y a trente ans, des historiens s’étaient livrés à un petit exercice : recenser les livres consacrés à la fin du christianisme. Ils en avaient dénombré plus de 250, parus entre 1893 et 1980. La liste s’est, depuis, allongée. Serions-nous, dès lors, entrés dans une ère postchrétienne, où le christianisme ne se conjuguerait plus qu’au passé, sous la forme d’un immense héritage trop lourd à porter ? On est en droit de se poser la question, tant les chiffres de la pratique religieuse dégringolent à peu près partout en Europe.

Un peu plus de 15 % de Français assistaient au moins à une messe par mois en 1980. Ils n’étaient que 9,9 % en 1990. Moins de 8 % aujourd’hui. De plus en plus de gens se déclarent sans religion. La France est même le pays où l’on compterait le plus d’« athées convaincus ». La moitié de nos compatriotes s’affirment catholiques (contre les trois quarts il y a vingt ans), mais moins d’un tiers d’entre eux se rendent à l’église pour les grandes célébrations religieuses, comme Pâques ou Noël. Plus inquiétant : la croyance est dorénavant indexée à l’âge : plus de la moitié des dix-huit/vingt-quatre ans déclarent ne pas croire en Dieu ; quatre cinquièmes y croyaient il y a trente ans. Dans cette tranche d’âge, ils ne sont d’ailleurs plus que 2,5 % à assister à au moins une messe par mois. De tous les marqueurs religieux, le seul à se défendre est l’enterrement à l’église, qui concerne encore 80 % de la population, même si, là aussi, on assiste à une lente érosion des funérailles religieuses, du moins dans les grandes villes. Tous les autres sacrements chutent, à commencer par le baptême. En 1958, seuls 8 % des nouveau-nés n’étaient pas baptisés ; 35 % en 1980 ; 46 % en 2000. La baisse est d’environ 1 % par an.

on observe le même phénomène dans tous les pays européens. Seules l’Italie et l’Irlande semblent faire de la résistance. Pour combien de temps encore ? Les affaires de pédophilie qui touchent l’Eglise irlandaise sont en train d’y produire des effets dévastateurs. Quant à l’Italie, elle se distingue par le taux de natalité le plus bas d’Europe. Un pays comme l’Espagne voit l’indifférence religieuse faire des progrès spectaculaires. En 2000, une grande enquête nationale, entreprise par la fondation Santa-Maria auprès des treize/vingt quatre ans, confirmait que 30 % d’entre eux n’avaient plus de croyance. En une dizaine d’années (1990-2000), le nombre de catholiques allemands versant une part de leurs impôts à leur Église a diminué d’un million et celui des protestants de deux millions. Tout à l’avenant, l’embellie religieuse dans les pays de l’Est semble avoir fait long feu. Chemin faisant, c’est l’atlas du christianisme mondial qui s’en est trouvé profondément chamboulé. En 1939, les trois plus grands pays catholiques étaient la France, l’Italie, l’Allemagne (compte tenu de l’annexion de l’Autriche). Aujourd’hui, ce sont le Brésil, le Mexique, les Philippines. Le déclin du catholicisme (et plus généralement du christianisme) en Europe ne doit donc pas masquer la dynamique chrétienne partout ailleurs, en particulier chez les évangéliques (désormais un chrétien sur cinq).

Dès lors, la théorie de la sécularisation, qui a longtemps dominé la scène sociologique (la rationalisation des sociétés devant les vider progressivement de leur substance religieuse), apparaît de plus en plus comme une exception européenne. L’un des plus éminents spécialistes de la religion, l’Américain Peter Berger, va même jusqu’à écrire, dans le Réenchantement du monde, que notre époque est « furieusement » religieuse, notant au passage que les mouvements religieux qui n’ont pas cherché à s’adapter à la sécularisation sont ceux qui ont le mieux passé le cap de la modernité. Le phénomène est particulièrement frappant aux Etats-Unis, où le déclin des Eglises libérales a été contrebalancé par le succès des Eglises – qu’elles soient ou non évangéliques – qui n’ont pas fait d’aggiornamento. Une lame de fond conservatrice ravive ainsi toutes les grandes cultures religieuses (islam, protestantisme, hindouisme), à telle enseigne que Berger s’aventure à parler de « contre-sécularisation ».

Il n’est pas le seul. Un islamologue comme Olivier Roy, auteur d’une étude fouillée sur la déferlante évangélique et salafiste, la Sainte Ignorance, ne dit pas autre chose. C’est se tromper lourdement que de voir dans la sécularisation les signes du déclin de la religion, elle l’a au contraire rendue à elle-même, en la séparant radicalement du politique. D’où sa vitalité à l’échelle du globe. Sauf en Europe, où prévalent sans conteste les analyses de Marcel Gauchet, l’auteur du Désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion. On en connaît la thèse principale, tant elle s’est imposée dans les sciences humaines : « le christianisme est la religion de la sortie de la religion » ; et la modernité, une quête d’autonomie dans un monde de plus en plus désenchanté, où la religion finit par perdre toute dimension structurante.

Chez les anciens, remarque Gauchet, la religion consistait à limiter l’extension du champ politique, par nature conflictuel. Comment ? En plaçant les fondements religieux de la société dans un ailleurs mythique (mais familier) – la religion. Les liens entre les hommes se trouvant de la sorte placés au-dessus de leurs querelles. Avec le judéo-christianisme, première rupture, Dieu va devenir plus transcendant encore. Cela séparera d’autant les deux ordres du monde, passant de l’unité ontologique à la dualité ontologique. Parallèlement, Dieu s’étant fait homme, les hommes ne vont plus placer les fondements de la société ailleurs qu’en eux-mêmes. Le processus d’autonomisation propre aux temps modernes est enclenché. Plus rien ne l’arrêtera.

Marcel Gauchet situe à la croisée des XVIIe et XVIIIe siècles la fin de l’histoire strictement chrétienne de l’Europe. C’est d’abord la Réforme, puis la révolution galiléenne, enfin l’affirmation de la puissance publique, sortie paradoxalement renforcée des guerres de Religion. Dans la foulée, le droit naturel moderne se développe, nouvelle source de légitimité, qui débouchera progressivement sur le droit individuel et l’exigence de revendications particulières. Comment, à ce compte-là, faire coexister des individus que plus rien ne relie entre eux ? En reconnaissant un nouveau fondement : les droits de l’homme. « Nous sommes devenus, en un mot, métaphysiquement démocrates. »

C’est « l’histoire politique » de la religion qui se referme, dit Gauchet, même si son « histoire anthropologique » reste ouverte. La religion perdure, mais elle ne règne plus sur le social, se transformant en expérience individuelle (et non plus collective) et consacrant la société civile. Paradoxalement, le triomphe de cette société civile (qui a pour corollaire la crise de l’Etat) va entraîner une réhabilitation publique des religions, en tout cas leur redonner une plus grande visibilité sociale. Quand le collectif n’est plus porteur de sens, la religion peut le suppléer, mais seulement en tant qu’option individuelle, la démocratie ayant besoin d’un supplément d’âme. C’est en ce sens que Gauchet dit du christianisme qu’il devient semblable à des « sagesses sans Dieu ». Il aide aux choix éthiques que les individus sont conduits à faire en l’absence d’une autorité religieuse reconnue. Pour autant, Gauchet ne croit pas que cela nous autorise à parler d’un retour du religieux. Les religions chrétiennes ne sont plus contre la démocratie, elles se sont glissées à l’intérieur de celle-ci jusqu’à en épouser les principes. C’est donc la sortie de la religion qui se poursuit.

Elle se poursuit d’autant plus que la sécularisation semble avoir accouché en Europe d’un phénomène d’exculturation (sortie plus ou moins définitive du christianisme), ainsi que le définit Danièle Hervieu-Léger (lire entretien, page 38). Les Lumières ont beau avoir expulsé la transcendance de la scène politique, le christianisme n’en continuait pas moins d’irriguer les sociétés européennes au travers de valeurs, de pratiques et d’institutions communes. Ce qui se dessine aujourd’hui, c’est la sortie culturelle du christianisme, la tradition religieuse ayant perdu sa valeur intrinsèque. Des siècles durant, elle avait pourtant façonné l’Europe. Jean-Paul Sartre, luimême, le concédait, reconnaissant dans l’Être et le Néant que « nous sommes tous catholiques », façon de dire que nous procédons tous d’une même matrice culturelle. Or, cette matrice ne se transmet pas seulement par une orthodoxie, mais une orthopraxie, ensemble de pratiques rituelles. Dès lors qu’il y a rupture dans la transmission de l’expérience religieuse, les identités religieuses ne peuvent plus s’hériter. C’est le temps de « la religion pour mémoire » qui prend fin (Danièle Hervieu-Léger).

De fait, le religieux échappe de plus en plus aux agents institutionnels, Eglises, clercs, hiérarchies de toutes sortes, qui ont cessé d’influencer les choix politiques et les mœurs. Croyants et incroyants se veulent désormais les acteurs de leur propre vie. Ni canonique, ni normatif, le religieux se redéploie donc selon une logique de marché, sans régulateurs institutionnels, dans un éparpillement et une individualisation de la croyance, qui se décompose et se recompose sur un mode horizontal, au travers d’une prolifération de groupes et de réseaux, visibles dans la mouvance évangélique. Floue, imprécise et diffuse, la religion s’offre comme un marché de biens symboliques à la carte, non plus de salut, mais de bienêtre. Le believing without belonging (« la croyance sans l’appartenance »), comme l’appelle la sociologue des religions Grace Davie, est devenue la règle. La relativité, ici aussi, a tout régenté.

L’individualisation des modes de vie s’est accompagnée d’une poussée des idéologies de l’accomplissement de soi. Or, le christianisme est moins apte que les spiritualités orientales, pour ne citer qu’elles, à les combler. La demande sectaire s’est pareillement élargie, même si elle ne touche les Français qu’à la marge. Plus significatif est le regain d’intérêt pour la littérature ésotérique et l’astrologie. On estime que le marché français de la divination compte quelque 50 000 professionnels, si bien que Régis Debray en vient à se demander si l’on n’assiste pas « au crépuscule de Dieu et à la revanche des magiciens », comme si, libérés des dogmes et des institutions, nos contemporains allaient chercher dans le paranormal ce que le transcendantal n’était plus en mesure de leur donner.

Mais nonobstant tout cela, ce qui frappe le plus, et de loin, sur le Vieux Continent, ce sont les progrès continus de l’agnosticisme. L’homme dans les sociétés postmodernes a peutêtre fait l’expérience du pluralisme religieux, mais il a plus sûrement encore fait celle de l’indifférence religieuse. Homo religiosus n’est certes pas mort, pas plus que le christianisme, mais rien n’indique que le reflux constant de la pratique religieuse, tel qu’on l’observe en Europe, va s’interrompre. Voici cinquante ans qu’il s’est enclenché. Les Eglises européennes ne sont plus missionnaires, elles semblent s’être résolues à leur nouvelle condition minoritaire. Jusqu’à consentir à leur disparition ? Non, car on commettrait une erreur à voir dans la modernité un phénomène seulement univoque. Si elle brise la chaîne de transmission de la mémoire religieuse, elle ouvre parallèlement de nouveaux espaces d’incertitude que seul le religieux peut combler.

Dans un livre au titre délibérément provocateur, le Christianisme vat- il mourir ?, publié en 1977, l’historien catholique Jean Delumeau s’interrogeait sur le destin du christianisme en Europe. Un quart de siècle plus tard, il est revenu sur le sujet avec Guetter l’aurore, disant en substance qu’on a peutêtre cru par le passé Dieu beaucoup plus vivant qu’il ne l’était, alors qu’aujourd’hui, on aurait plutôt tendance à le croire plus moribond qu’il ne l’est réellement. C’est qu’on a longtemps confondu chrétienté et christianisme. Ce qui nous a certainement conduits à surestimer l’emprise chrétienne, hier, et la déprise chrétienne, aujourd’hui. Aussi devrions-nous moins songer à traduire le déclin des institutions religieuses en termes de déclin religieux. Que penser, en effet, d’un phénomène comme les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) ? Les nouvelles générations ne sont-elles pas en train d’inventer une nouvelle manière de vivre la religion, en la calquant, non plus sur le calendrier liturgique, mais sur le calendrier médiatique ?

Alors qu’on a cru la sécularisation inséparable de la modernité, le religieux n’en finit pas de revenir (si tant est qu’il ait jamais quitté la scène). Des salafistes aux évangéliques, une nouvelle dynamique de la foi semble s’être mise en marche sur tous les continents. Elle arrive en Europe, et pas seulement au travers des migrations. Alors, « guetter l’aurore » ? Emile Poulat remarquait, il y a quelques années : « Ce qui meurt est toujours plus visible que ce qui naît. » Mais ce qui naît ne devrait que très lointainement ressembler à ce qui est en train de mourir : la religion de nos pères.

Oeuvre en bronze du sculpteur Guido Galletti (1893-1977), ce Christ des Abysses repose, par dix-sept mètres de fond, dans la baie de San Fruttuoso di Camogli, en Ligurie, où il a été immergé par la marine italienne le 22 août 1954. Les bras ouverts, le regard tourné vers la surface, il bénit les marins, tandis que, chaque dernier samedi de juillet, au-dessus de lui, une cérémonie est organisée à la mémoire de tous ceux qui ont péri en mer. Magnifique symbole, parmi tant d’autres, de cette civilisation chrétienne qui, pendant plus de quinze siècles, a irrigué l’Europe. Et non, comme on pourrait le croire, l’un des vestiges archéologiques d’une civilisation engloutie. C’est que, en effet, depuis une quarantaine d’années, le Vieux Continent a déployé une grande énergie à tourner la page de sa longue et riche histoire chrétienne, à oublier son baptême alors même que, partout ailleurs, ou presque, on semble assister à un retour en force du religieux. Doit-on, pour autant, parler de « déchristianisation » de l’Europe ou, plutôt, de métamorphose du christianisme européen ?

April 13, 2010

Retraites : non aux impôts supplémentaires, oui aux fonds de pension

Filed under: Uncategorized — admin @ 9:53 pm

Le débat sur la réforme des retraites risque d’être confisqué par les partenaires habituels. D’un côté, les syndicats qui ne représentent plus grand monde, surtout parmi les salariés du privé, chercheront à bloquer toute réforme. De l’autre, le gouvernement agira arbitrairement sur les leviers habituels : augmentation du nombre de trimestres nécessaires pour un départ à la retraite à taux plein, hausse supplémentaire des cotisations sociales et diminution des prestations. Le Parti Libéral Démocrate s’oppose à toute charge supplémentaire visant à colmater un système par répartition au bord de l’effondrement. Nous demandons qu’on rende aux Français leurs cotisations vieillesse aujourd’hui confisquées, ainsi que leur liberté de choisir l’âge de départ à la retraite qui leur convient le mieux. Laissons-les aussi constituer un capital pour leurs vieux jours et, le cas échéant, pour leurs héritiers.

Alors que le système de retraite français ne subit pas encore pleinement l’effet du « papy boom », la Cour des Comptes a rappelé que le financement de l’assurance vieillesse n’est pas assuré, aujourd’hui, par la redistribution des cotisations : une partie des prestations sont financées par le déficit et la dette. La logique de notre modèle par répartition – les actifs cotisent pour les retraités actuels – menace depuis longtemps les Français à plusieurs titres : les salariés vont devoir, si rien ne change, faire face à une baisse conséquente de leur pouvoir d’achat. L’augmentation des cotisations va peser sur notre économie et pousser de nouveaux salariés vers le chômage, en particulier les plus fragiles. Enfin, tout le monde n’est pas prêt et n’a pas la capacité de cotiser arbitrairement plus longtemps. Si rien n’est fait, c’est une véritable catastrophe qui menace notre modèle.

Avant que le système par répartition ne s’écroule sous l’effet de notre courbe démographique, nous proposons une transition progressive de la répartition, pour ceux qui le souhaitent, vers un système de fonds de placement retraite. Les travaux de l’Iref montrent que ce basculement vers les fonds de pension est envisageable. Ce mécanisme aboutirait à des retraites supérieures. Il rendrait également à chacun la responsabilité de choisir sa durée de cotisation et l’âge de son départ en retraite. Et alors que la répartition ne laisse rien aux héritiers en cas de mort prématurée, le compte personnel retraite garantirait un capital aux héritiers.

Le modèle d’épargne individuelle, appuyé sur des fonds de pension responsables, comme c’est le cas en Suisse, au Chili, en Suède doit être adopté. Il est inadmissible que ce système ne soit réservé qu’à certaines catégories de la fonction publique (système Préfon retraite) et que les Français soient captifs du chantage de syndicats dont le seul souci est de conserver la mainmise sur la manne de la répartition. Par souci d’équité et de justice, tous les salariés doivent pouvoir disposer de l’essentiel de leurs cotisations vieillesse pour alimenter un fonds de placement retraite.

Source:http://www.partiliberaldemocrate.fr/index.asp?co=Retraites.:.non.aux.impots.supplementaires.oui.aux.fonds.de.pension&b=3&a=3515

Réformer la Bretagne et la France

Filed under: Uncategorized — admin @ 6:05 am
C’est une évidence reconnue par tous : il faut réformer la Bretagne et la France.
Malheureusement, dans notre « cher et vieux pays », pour reprendre l’expression du Général de Gaulle,
le poids des conservatismes conduit trop souvent à préférer le discours à l’action.
Nous, chez Breizh 2004 et Bretagne Libérale, nous proposons une Bretagne forte, dans une France
fédérale et une Europe fédérale.
Ainsi la Bretagne trouverait toute sa place en Europe, aux côtés des grandes régions européennes.

Pour BREIZH 2004 et BRETAGNE LIBERALE
Le Président

Claude GUILLEMAIN

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44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

breizh.2004@ gmail.com

http://www.breizh- 2004.org

bretagne.liberale@gmail.com


Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.

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April 10, 2010

Islam

Filed under: Uncategorized — admin @ 9:38 pm

Pour ma part, je vis à 100% avec des musulmans, puisque j’habite en Tunisie. Aucun problème. A ceci près que le gouvernement tunisien a pris les choses en main. L’islam est une religion, l’état tunisien est laïc.

Permettez-moi d’évoquer la mémoire du grand homme d’état que fut Habib Bourguiba. Vis a vis de l’islam sa position était claire: pas d’interférence de la religion dans l’état. Il luttait contre le ramadan, car cette période de jeûne était contre productive pour l’économie tunisienne. Il a d’ailleurs bu ostensiblement un jus d’orange en plein ramadan. Il avait déclaré en substance : « Chaque fois où il était difficile de concilier le temporel au devoir de jeûne, le Prophète Mohammed privilégiait la logique de l’État ». Autrement dit, la conjoncture était si délicate qu’il fallait faire prévaloir la logique du travail.

L’exonération officielle des Tunisiens du jeûne a provoqué un tollé dans le monde arabe et musulman. Bourguiba a été la cible de dénigrements. Ce dernier est resté imperturbable. … Il ne prêtait pas beaucoup d’attention aux attaques venues des pays arabes et musulmans. A l’instar de De Gaulle en Europe, il ne croyait pas tellement à la Nation Arabe.

No comment !

Filed under: Uncategorized — admin @ 3:59 pm

Nous exigeons l’usage du breton et/ou du gallo dans les bureaux de poste de Bretagne !

Claude Guillemain

Bretagne Libérale

Breizh Frankizour

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April 8, 2010

Quel avenir pour le commerce en milieu rural ?

Filed under: Uncategorized — admin @ 7:50 am

Source http://www.marclefur.com/article-quel-avenir-pour-le-commerce-en-milieu-rural-48236471-comments.html#anchorComment

L’association « Ploeuc Pluriel » organisait jeudi 18 mars denier une soirée-débat à Ploeuc-sur-Lié sur l’avenir du commerce en milieu rural. Soirée et débats animés pat Thibaut Guignard, le Vice-président de l’association.

Les étudiants en BTS de la Ville Davy ont présenté les résultats de l’enquête réalisée auprès de 234 Ploeucois en janvier. Quelques chiffres à retenir : 43% des Ploeucois font toutes leurs courses à Ploeuc. La première motivation est la proximité. Ceux qui vont à l’extérieur le font pour avoir “plus de choix”. Il manque selon les sondés une poissonnerie et une boucherie. 53% des retraités vont au marché tous les jeudis contre 20% pour les actifs. La question du jour du marché a donc été posée. Tous s’accordent à dire que le marché complète l’offre locale. Notons également que 86% des commerçants sont satisfaits de s’être installés à Ploeuc mais souhaite une meilleur valorisation du commerce local.

Un débat s’est ensuite déroulé en présence de Claude Gérault, Président de l’association des commerçants, Patrick Maitralain, adjoint au maire et Marc Le Fur, Député.

Claude Gerault a rappelé que “les commerçants doivent travailler collectivement à la mise en valeur du commerce à Ploeuc et avoir une communication dynamique”. Interpellé sur le nécessaire soutien des élus au commerce local, Patrick Maitralain a réaffirmé que “la municipalité accompagne chaque projet d’installation. Nous lançons une étude pour un PAE (Plan d’Aménagement d’Ensemble) dans lequel le commerce sera pris en compte”. Pour Marc Le Fur, “le point important c’est le transport. Tout le monde doit pouvoir faire ses achats sur la commune et venir au marché. C’est l’objectif du service “Trans’com” qui permet de se déplacer pour 2€ seulement de Moncontour à Quintin”. (Pour les renseignements sur ce service : 0810 22 22 22).

D’autres sujets ont également été évoqués par les nombreux commerçants présents comme l’aspect inesthétique des commerces fermés, le manque de signalétique, le besoin d’animation dans le bourg…

Rémy Le Duigou, Sociologue spécialiste du monde rural, a rappelé qu’”aujourd’hui nous sommes tous des nomades. Il faut donc fidéliser le client en apportant quelque chose de plus que dans les grandes zones commerciales. Il faut travailler le concept de “produit-service”. C’est à dire vendre un produit mais avec un service individualisé”.

Fidéliser le consommateur, qui est aussi citoyen, en lui rendant plus de services. C’est ce que notre association, Breizh 2004, association bretonne et européenne, fédéraliste et localiste, se propose de réaliser.

Le localisme (du latin locus, lieu) est une doctrine qui consiste à privilégier ce qui est local sans toutefois se fixer de limites frontalières, afin de favoriser la démocratie participative, la cohésion sociale et la production de proximité, donc l’emploi local et la préservation de l’environnement via une moindre empreinte écologique liée au transport de marchandises.

Pour BREIZH 2004
Le Président

Claude GUILLEMAIN


44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

breizh.2004@ gmail.com

http://www.breizh- 2004.org


Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.

April 5, 2010

Propos Sturiens

Filed under: Uncategorized — admin @ 4:40 am

“Aucune nation n’a vu son destin grandir, n’a étendu son domaine, n’a raffermi son génie et ses libertés, sans cadres solides, sans chefs de migration, sans capitaines, sans releveurs de défaites et sans inspirateurs de revanches. Tous les peuples qui ont eu foi dans leur étoile, ont eu des poètes nationaux et des artistes qui les ont révélés à eux-mêmes.  Il en sera de nous comme des autres. La Bretagne saura se donner des cadres nationaux où elle disparaîtra. Une revue comme celle-ci ne nous réunit pas pour nous meubler l’esprit. Elle n’a qu’un but : préparer ces cadres, et pour cela développer le goût des connaissances précises et l’appétit de la puissance intellectuelle, qui s’acquiert par une jeunesse studieuse, vouée à la méditation. Elle voudrait que nous élevions nos âmes au dessus des calculs individuels, et que nous remplissions nos cœurs des notions de probité, de solidarité, de sacrifice, de discipline.

La nouvelle élite bretonne commencera à agir naturellement par l’exemple de sa vie privée. La vie privée d’un peuple est la source de toute croissance et de toute décadence. Il y a des peuples propres comme il y a des familles propres, cela dépend des modèles qu’on leur met sous les yeux. Et la profondeur religieuse de notre idéal donnera au peuple la puissante impulsion, sans laquelle aucune œuvre grandiose n’est possible.”

Stur, avril 1937.

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