Breizh-2004.org

August 31, 2009

Socialistes, conservateurs, centristes… et libéraux

Filed under: Uncategorized — admin @ 7:13 pm


Retour à quelques fondamentaux pour y voir plus clair dans l’actuelle confusion des idées et de la topographie politique.

Triste campagne.
Non seulement il n’y a pas de candidat libéral mais les idées libérales -quoi qu’en disent les candidats d’extrême-gauche- sont très largement absentes des programmes et des débats.

Pas de candidat libéral ? Il y a un peu plus d’un an, nous avions dit que les conditions n’étaient pas réunies pour que les libéraux puissent faire élire un des leurs et qu’il y avait peu de place pour une candidature libérale de témoignage. Le jeune candidat d’Alternative Libérale vient d’en faire l’amère expérience. À défaut, les libéraux espéraient cependant que le débat présidentiel tourné vers l’avenir porterait tout naturellement vers les solutions libérales et que le moment venu ils auraient tout simplement à se tourner vers le « mieux-disant libéral ».

Nous en sommes loin. Certes nous pouvons relever ici et là quelques propositions sympathiques comme l’autonomie des universités, l’instauration d’un régime de retraites par points, la volonté de réduire les prélèvements obligatoires ou d’interdire les déficits de fonctionnement. Mais, de quelque côté que l’on se tourne, on ne voit guère de politique libérale cohérente et articulée. Cela est particulièrement vrai sur le plan économique. (Voir Le fantôme de la croissance)

D’une façon quelque peu prémonitoire, en octobre 2005, au lendemain des élections allemandes et de la mise en place d’une «grande coalition» nous avions ironisé sur le fait qu’en France «tout se passait comme si s’élaborait déjà entre UMP, UDF et PS un début de programme commun : le programme commun de la ‘droiche’» (Voir La grande coalition de la «Droiche»). Et nous donnions de nombreux exemples toujours d’actualité comme la TVA sociale, les taxes environnementales, le retour des bonnes vieilles politiques industrielles… Nous ajoutions «faute de vraie différenciation sur le fond, la bataille des idées et des propositions est remplacée par la bataille des mots, «rupture», «modèle social», «patriotisme économique»… » Nous y sommes plus que jamais en cette dernière ligne droite où les problèmes de la France semblent devoir se dissoudre dans de douteuses discussions sur l’identité nationale, la Marseillaise ou l’exhibition de drapeau bleu blanc rouge aux fenêtres.
Et les libéraux dans tout cela ?

Les gros bataillons des libéraux politiques qui ont rejoint l’UMP en 2002 apportent tout naturellement leur soutien à Nicolas Sarkozy même s’ils ont de plus en plus de mal à se reconnaître dans la vision étatiste que lui souffle Henri Guaino. De plus petites escouades rejoignent François Bayrou. Avec, pour certains, le calcul que celui-ci peut faire exploser le parti socialiste, faciliter l’émergence d’une gauche sociale-démocrate -ou mieux encore sociale-libérale façon Tony Blair- ce qui en retour forcera bien la droite à devenir libérale. D’autres, nombreux, hésitent encore.

Tout se passe comme si les libéraux de droite choisissaient le champion de la droite quitte à mettre leurs idées libérales quelque peu entre parenthèses. Tout comme le font les libéraux du centre avec François Bayrou dont ils apprécient une conception plus libérale des institutions. Certes, si un gouvernement d’union de la gauche et de la droite reste une chimère, nonobstant l’exemple de l’Allemagne qui est le fruit inattendu d’une situation électorale particulière, l’idée d’un centre social démocrate libéral n’a rien d’absurde. Des coalitions libéraux-centristes-verts-socialistes existent sous différentes formes en Europe. Et au sein du groupe des démocrates libéraux du Parlement européen, l’UDF côtoie sans problème une gauche libérale.

La confusion est à son comble lorsque dans le Figaro le très talentueux et très respecté Jean d’Ormesson, faisant l’éloge du candidat Sarkozy («celui qui a unifié la droite», lui a «rendu un avenir», le «meilleur des candidats», «le plus intelligent, le plus efficace»…) croit devoir affirmer, sans doute pour le discréditer et pour effrayer ses électeurs potentiels, «qu’entre Sarkozy et Bayrou le plus libéral des deux, le plus adroit des deux, c’est Bayrou. Il n’y a rien de gaulliste en Bayrou. Depuis le début de sa carrière c’est un libéral pur jus».

Pour sortir d’une telle confusion, mieux vaut prendre un peu de hauteur. Pour mieux situer les libéraux dans le paysage politique, le célèbre philosophe autrichien Hayek nous a invités à sortir les libéraux de l’axe politique traditionnel gauche/droite. (Voir «Pourquoi je ne suis pas un conservateur») «L’image généralement donnée de la position relative des trois partis obscurcit plus qu’elle n’éclaire, leurs rapports véritables. Elle les représente d’ordinaire comme trois points sur une même ligne, les socialistes à gauche, les conservateurs à droite, et les libéraux quelque part entre les deux. Rien ne saurait être plus fallacieux si nous voulons faire un schéma, il serait plus approprié de les disposer en triangle, les conservateurs occupant l’un des angles, les socialistes tirant vers un second et les libéraux vers un troisième». C’est d’ailleurs ce que faisait volontiers la littérature libérale au 19e Siècle. Et Friedrich Hayek de remarquer : «Comme pendant longtemps les socialistes ont été en mesure de tirer plus fort, les conservateurs ont été entraînés dans la direction des socialistes davantage que dans celle des libéraux et ont adopté, à intervalles irréguliers, les idées que la propagande socialiste avait rendu populaire. Ce sont régulièrement les conservateurs qui ont transigé avec le socialisme et lui ont préparé le terrain. Adeptes de la voie moyenne, et n’ayant pas d’objectif qui leur soit propre, les conservateurs ont été guidés par la conviction que la vérité doit se trouver quelque part entre les extrêmes, ce qui a fait qu’ils ont modifié leur position chaque fois qu’un mouvement plus prononcé s’est manifesté d’un côté ou de l’autre.» La distinction essentielle tient au fait que sur l’axe gauche droite à des degrés divers, les formations politiques croient avant tout à l’intervention bénéfique de l’Etat.

Les libéraux au contraire, et c’est pour cela qu’ils échappent à ce classement horizontal, croient à l’importance de l’ordre spontané généré par la liberté. Leur vision est plus que jamais actuelle dans la nouvelle société créative mondiale.

Mais les conservateurs préfèrent l’Etat autoritaire à l’ordre spontané.
«Le conservateur ne se tiendra pour rassuré et satisfait que si une sagesse supérieure veille, il supervise les changements que s’il sait qu’une autorité sur le passé chargée de garantir que lesdits changements s’opèrent dans l’ordre».
«L’admiration des conservateurs pour la croissance spontanée s’applique au seul passé », note Hayek. «Cette réticence à faire confiance aux forces sociales autonomes est étroitement reliée à deux autres caractéristiques du conservatisme : sa prédilection pour l’autorité et son ignorance du fonctionnement des forces économiques. Comme il se méfie autant des théories abstraites que des principes généraux, il ne comprend pas les forces spontanées sur lesquelles se fonde une politique de liberté et ne possède pas de base sur laquelle construire une formulation de principes politiques. L’ordre apparaît aux conservateurs comme le résultat de l’attention continue de l’autorité qui, à cette fin, doit avoir les mains libres pour faire ce que les circonstances exigent.»

Voilà pourquoi les libéraux ne sont ni socialistes, ni conservateurs…ni même équidistants. Ces quelques considérations seront sans doute de peu d’utilité pour les choix présents. Elles peuvent néanmoins éclairer l’avenir.

Alain Madelin

August 30, 2009

Parti breton et UDB. Pas d’alliance en perspective

Filed under: Uncategorized — admin @ 10:49 pm

Où l’on assiste, en direct, au refus cinglant de l’UDB de s’allier avec le Parti Breton…
L’UDB est plus un parti de gauche français qu’un parti breton fédéraliste ou autonomiste. Le masque est tombé.

De l’autre côté, le Parti Breton, dernier avatar d’un Emsav qui n’arrive pas à se renouveler et qui tente de faire croire au Père Noël.

Une seule ligne de conduite doit animer la majorité présidentielle: rassembler pour gagner les Régionales, pour une Bretagne forte, pour une Bretagne européenne.

Nous remercions tous ceux qui nous rejoint dans ce combat contre Le Drian et sa clique.

Pour BREIZH 2004
Le Président

Claude GUILLEMAIN

44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

breizh.2004@ gmail.com

http://www.breizh- 2004.org


Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.



Source : www.letelegramme. com

August 21, 2009

Le déplacement de François Fillon en Bretagne

Filed under: Uncategorized — admin @ 4:36 am

Une fois de plus la gauche, en panne durable de propositions, a cru bon de railler le déplacement en Bretagne du Premier Ministre ce jour,  20 aout 2009.

Nous saluons la présence et la mobilisation sur le terrain de François FILLON, qui est allé au contact des Bretons pour évoquer concrètement les problèmes d’environnement et leur apporter des solutions.

Cette attitude du PS n’est pas ce qui pourra lui redonner de la crédibilité auprès de nos concitoyens qui mesurent chaque jour un peu plus le fossé qui les sépare d’un parti englué dans ses querelles de personnes et qui s’éloigne chaque jour de leurs préoccupations.

Pour notre part, nous avons apprécié la visite de François FILLON. Homme de l’Ouest, François Fillon aime la Bretagne et a écourté ses vacances de quatre jours pour venir à son écoute. En compagnie de Marc Le Fur et de Chantal Jouanno, il a su apporter à la commune de St Michel en Grève et à tous les Trégorrois, le réconfort dont ils avaient besoin. Signalons, en outre, que François FILLON avait été personnellement sollicité par le président PS du conseil régional de Bretagne. 

Pour BREIZH 2004
Le Président

Claude GUILLEMAIN

44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

breizh.2004@ gmail.com

http://www.breizh- 2004.org


August 20, 2009

Communiqué de Breizh 2004 - 20 aout 2009

Filed under: Uncategorized — admin @ 3:31 am


Il suffit de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur politique pour se rappeler que les “libéraux hors majorité présidentielle” (Alternative Libérale), le Parti Fédéraliste, CAP 21 et ce qui reste de l’UDF ont été (le sont-ils toujours?) membres du comité de soutien de François Bayrou lors de l’élection présidentielle de 2007 !

Inutile d’épiloguer.

Ceux qui, hier, soutenaient Bayrou, se retrouvent aujourd’hui dans la position inconfortable de devoir défendre leur “gourou Bayrou” pour continuer d’exister. Or, les défections et les défaites vont continuer, ainsi que les critiques envers le Modem, simple  marchepied des ambitions présidentielles de François Bayrou qui dirige son parti comme une secte, entraînant dans sa chute ceux qui l’ont soutenu.

Nous lançons un appel aux libéraux, aux fédéralistes, aux régionalistes, en les priant de ne pas poursuivre cette alliance politique suicidaire avec le Modem et avec Bayrou, qui sacrifiera son programme et ses élus pour une chimère présidentielle en 2012 comme il l’a fait en 2007.

Non, le Modem ne doit pas, ne peut pas, se prévaloir d’être soutenu par les libéraux, les régionalistes, les fédéralistes car c’est bien l’UMP et les élus de l’UMP qui ont réussi à faire adopter les réformes que la Bretagne et toutes les régions de France attendaient depuis des années: défense du patrimoine des langues régionales, défense des cultures et identités régionales de France, réorganisation territoriale. Le rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne, conformément au vœu des collectivités locales, sera  - nous le souhaitons tous - la prochaine étape.

Afin que les régions de France existent et qu’elles puissent avoir toute leur place en Europe, des régions avec de vraies compétences, des institutions propres,  nous appelons les libéraux, les régionalistes, les fédéralistes à soutenir le programme et les candidats de l’UMP lors des prochaines élections régionales de 2010 et des cantonales de 2011.

Pour BREIZH 2004
Le Président

Claude GUILLEMAIN

44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

breizh.2004@ gmail.com

http://www.breizh- 2004.org


Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.

August 18, 2009

Eloge des Girondins et des Fédéralistes

Filed under: Uncategorized — admin @ 11:57 am

Si nous ne pouvons changer l’histoire de France, qu’il nous soit permis, au moins, d’en tirer les leçons nécessaires à notre existence.

Et parmi les nombreuses histoires, nous retiendrons celle des Fédéralistes.

Les fédéralistes regroupèrent sous la Révolution française les Français qui se sont soulevés en province en réaction à l’élimination des Girondins le 2 juin 1793. C’est un terme qui, à l’époque, était péjoratif. Les insurrections fédéralistes provoquèrent le renforcement de la Terreur et du pouvoir central.

L’historien Jean-Pierre Jessenne previent que, malgré son nom, « la révolte fédéraliste ne vise aucunement à diviser la France […] Les révoltés rejettent à la fois la pression permanente des sans-culottes parisiens ou de leur homologues locaux et l’”anarchie”, c’est-à-dire, pour les Girondins, la remise en cause de l’unité nationale par le non respect de la légalité et la menace contre les propriétés »[1].

Plus qu’une remise en cause du centralisme révolutionnaire, le fédéralisme se définit comme une tentative de libérer Paris du joug des sans-culottes.

Je me dois également de souligner que les sans-culottes d’hier et d’aujourd’hui se sont toujours basés sur le fait que la Province (nous dirions plutôt aujourd’hui la Région) voulait plus de pouvoirs et d’autonomie, et que, s’ils n’y prenaient garde, chaque région  serait un pays indépendant. Ces pays indépendants pourraient ensuite construire, en Europe, une structure d’intégration politique et économique à partir de fondations plus saines. L’indépendance des régions, devenues souveraines, permettrait leur épanouissement sans devoir incessamment revendiquer des droits ou de l’argent concédés par un gouvernement supérieur. Les mêmes ajoutent qu’il y a certainement dans le fédéralisme une perte évidente de pouvoir, d’argent, de liberté et de démocratie pour les citoyens.

Et si nous arrêtions tout simplement de considérer le gouvernement comme un palier supérieur pour plutôt le voir comme étant subordonné aux États fédérés, disposant d’une légitimité découlant d’une volonté commune d’association, comme le voudrait un réel esprit fédéral? La perte de pouvoir, d’argent, de liberté et de démocratie existe réellement, non pas dans le principe fédéral en lui-même, mais plutôt dans le modèle français centralisé actuel, conçu il y a plus de deux siècles pour une tout autre réalité.

Nous développons depuis un certain temps cette idée de “régionalisme”, qui consisterait à tenter de réunir toutes les régions d’un principe central: le palier du Conseil Régional devrait être à la base de la construction de la France moderne. La décentralisation des pouvoirs ne doit pas se faire au seul profit de telle ou telle région, mais au profit de toutes, en considérant qu’un trop grand déséquilibre entre les partenaires fédérés mènerait tôt ou tard à des crises profondes. Toutes les régions doivent plutôt s’unir pour remettre à l’honneur l’esprit réel du fédéralisme: une union d’entités politiques consentantes se dotant d’institutions communes, mais n’étant pas inférieures à elles, bien au contraire.

Bien entendu, une telle ambition ne sera pas une mince affaire à traduire dans la réalité. Il existe toutefois des indices encourageants. Certaines régions semblent de plus en plus prendre conscience de l’étroitesse de leurs limites et des pouvoirs qui leur sont conférés. Assisterait-on à un réveil des consciences régionalistes ? Peut-être, à la conditiion que la coopération interrégionale soit renforcée. Comme, par exemple, entre Bretagne, pays de la Loire et Poitou-Charentes.

La France, certes, parait qualifiée pour le fédéralisme, autant et plus que bien d’autres pays pour se dévouer à la tâche de fédérer le continent. L’abbé LEMIRE, qui fut un des doyens du Parlement français, l’exprimait en termes magnifiques en un discours qu’il prononçait au chef-lieu de sa circonscription, à Hazebrouck, le 14 septembre 1903 : « D’un côté de l’Océan, la France puise dans le réservoir celtique la vaillance des chevaliers bretons, dont les histoires et les poétiques légendes ont fait le charme étrange de ce pays et contribuent encore à lui conserver sa noblesse et son originalité.”

Un effort de renversement de perspective dans la conception du fédéralisme en France passerait par une réécriture approfondie de notre constitution, ce qui nous permettrait de mettre à jour ce document devenu peu pertinent pour notre époque et n’ayant subsisté que par la force des désaccords et du statu quo. Ce serait un exercice certes exigeant, mais qui mériterait d’être tenté ne serait-ce que pour essayer d’établir une réforme dans une optique nouvelle et plus équitable.

Avant de nous tourner définitivement vers le fédéralisme, je crois donc que nous aurions tout avantage à voir la question du fédéralisme en Europe d’un oeil nouveau et à tenter d’y apporter des solutions plus adaptées à la réalité moderne. La France, certes, parait qualifiée, autant et plus que bien d’autres pays pour se dévouer à la tâche de fédérer le continent européen.

L’abbé LEMIRE, qui fut un des doyens du Parlement français, l’exprimait en termes magnifiques en un discours qu’il prononçait au chef-lieu de sa circonscription, à Hazebrouck, le 14 septembre 1903 : « D’un côté de l’Océan, la France puise dans le réservoir celtique la vaillance des chevaliers bretons, dont les histoires et les poétiques légendes ont fait le charme étrange de ce pays et contribuent encore à lui conserver sa noblesse et son originalité.” (extrait de l’excellent blog de Jean-Marie Gantois http://www.jeanmariegantois.com/ )

[1] Jean-Pierre Jessenne, Histoire de la France : Révolution et Empire 1783-1815, Paris, Hachette, 1993, p.141

Pour BREIZH 2004
Le Président

Claude GUILLEMAIN

44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

breizh.2004@ gmail.com

http://www.breizh- 2004.org

Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.

August 16, 2009

Le couteau sans lame du social libéralisme

Filed under: Uncategorized — admin @ 9:45 pm

La question n’est pas nouvelle, mais elle est de plus en plus brûlante : la République n’ayant pas tenu toutes ses promesses, « liberté, égalité, fraternité », ces engagements magnifiques, désignant davantage un horizon qu’une réalité partagée, comment faire pour qu’ils ne soient plus seulement des droits, mais des données concrètes, effectives ?

A l’évidence, c’est dans le domaine de l’égalité que l’inaccomplissement est le plus flagrant : il se traduit aussi bien par des différences saisissantes de revenu que par la fameuse « panne » de l’ascenseur social, ou la grandissante vulnérabilité des plus pauvres à ce qu’il est convenu d’appeler les accidents de la vie, chômage ou maladie, par exemple et entre autres… Semblablement, la « liberté » ne prend son plein sens que lorsqu’on est libre, véritablement, de choisir son métier ou son lieu d’habitation. Tous libres et égaux, c’est entendu, mais certains le sont plus que d’autres…

Nombreux sont ceux qui attendent aujourd’hui des analyses et des propositions pour, à tout le moins, atténuer les disparités. C’est la mission traditionnelle de la « gauche ». Mais, depuis ce qui fut appelé la « chute du communisme », les repères se sont quelque peu brouillés. Nous serions alors entrés dans une ère radicalement nouvelle, marquée par la fameuse fin des idéologies, qui désignait sinon tout à fait la fin de l’histoire (1), ce qui pouvait sembler un tantinet présomptueux, du moins la mort de l’« utopie » communiste et le triomphe du bon sens : chacun étant alors sommé de reconnaître avec plus ou moins d’enthousiasme la vérité selon laquelle l’économie de marché et la démocratie avaient intrinsèquement partie liée.

Serge Audier, Le Socialisme libéral, La Découverte, coll. « Repères », Paris, 2006, 121 pages, 9,50 euros.

Monique Canto-Sperber, Le Libéralisme et la Gauche, Hachette Littérature, coll. « Pluriel », Paris, 2008, 377 pages, 9,50 euros.

Pierre Rosanvallon, La Légitimité démocratique. Impartialité, réflexivité, proximité, Le Seuil, coll. « Les livres du Nouveau Monde », Paris, 367 pages, 21 euros.

Jacques Julliard, La Reine du monde. Essai sur la démocratie d’opinion, Flammarion, coll. « Champ actuel », Paris, 2009, 120 pages, 5 euros.

Tout s’est alors à la fois simplifié et compliqué. Simplifié, puisqu’une idée reçue consacre le « marché » comme une donnée naturelle et fait de toute « révolution » destinée à inventer une autre économie une erreur, tant sur le plan des libertés que sur celui de l’efficacité — preuve en aurait été fournie, massivement, avec ce qu’on nommait les « pays de l’Est ». Compliqué, parce qu’une fois les « extrêmes » dûment disqualifiés, une fois la gauche, de M. Anthony Blair à M. Lionel Jospin, devenue « réaliste », et M. Pascal Lamy, membre du Parti socialiste (PS), promu responsable de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la réalité reste têtue, les inégalités s’accroissent ; et les interrogations se font toujours plus urgentes, parfois découragées. La révolution exclue et la « modernité » acceptée, comment faire que la démocratie, le gouvernement du peuple par le peuple, sous le règne du marché, s’accomplisse ? Comment, puisqu’elle apparaît insuffisante, la corriger, la réformer ? Certes, les valeurs de la gauche diffèrent de celles de la droite, mais quel idéal, quel projet d’ensemble peut-il s’affirmer sous le sceau du réalisme ? N’y aura-t-il pas là, par définition, si l’on ose dire, des contradictions à nommer et à résoudre ?

Adieu donc à l’utopie : les hommes
ne peuvent être vraiment égaux

Vaste problème, vaste attente, qui ne concernent pas les seuls électeurs de sensibilité, comme on dit maintenant, socialiste, mais probablement tous les citoyens inquiets, désireux de comprendre si le malheur social est une fatalité, si l’avenir n’a qu’un visage, sous des maquillages divers. Ou si un changement véritable est envisageable… En bref, il importe d’interroger la pensée de la gauche devenue libérale.

Différents travaux qui, pour ne pas être exactement superposables, ne s’en déploient pas moins dans ce champ du socialisme modernisé, s’emploient à répondre : c’est l’inscription concrète de valeurs éthiques rendues véritablement agissantes qui, pour l’essentiel, permettrait de rendre plus effectives les promesses de la démocratie. Ce qui semble bien impliquer une conception particulière et de l’égalité et des moyens d’y parvenir. En d’autres termes, c’est une vision de l’homme qui est ici proposée.

Il n’est peut-être pas tout à fait inutile de chercher à définir plus exactement la « gauche libérale », d’autant qu’elle semble parfois souffrir d’un certain manque d’unité. Le philosophe Serge Audier, connu notamment pour ses essais consacrés à Raymond Aron, rappelle, dans un bref volume (2) qui retrace la généalogie du socialisme libéral, qu’il s’est fondé sur un double refus, celui du libéralisme « bourgeois » et celui du « totalitarisme communiste ». Si celui du totalitarisme communiste est sans équivoque, celui du libéralisme bourgeois est sensiblement plus flou. Mais quelles que soient les différences entre un centre gauche « moderne », la troisième voie du New Labour, et un socialisme libéral qui ne serait pas une « simple adaptation de la social-démocratie au capitalisme », il n’en demeure pas moins que ce socialisme rénové se veut « égalitaire » et non « égalitariste » ; qu’il ne prétend pas éradiquer toutes les inégalités, ni naturelles ni même sociales ; et « exige la reconnaissance du caractère inéliminable et potentiellement bénéfique d’un marché encadré et régulé ». En d’autres termes, il s’agirait de chercher à mettre en œuvre, autant que faire se peut, dans le cadre de l’efficacité économique, une « quête d’égalité » qui se traduira avant tout par l’exigence de « solidarité ».

C’est très certainement là ce qui caractérise la pensée du socialisme libéral, quelles que soient les nuances et divergences qui peuvent être relevées entre les différents courants. Il lui importe à la fois de renoncer à l’égalitarisme, qui viserait à l’égalité civile, politique et sociale, et d’agir pour une « philosophie des droits de l’homme » complétés par des droits sociaux reconnaissant « à tous les individus le droit à un minimum de justice sociale, condition d’une liberté politique effective ». Adieu donc à l’utopie, place à la lucidité : les hommes ne sont, ne peuvent être réellement égaux. Il convient cependant de créer les instruments empêchant les inégalités de devenir par trop criantes, ce qui ne pourrait que nuire à la démocratie et… au marché. La solidarité est alors au cœur du dispositif.

C’est là un terme devenu merveilleusement banal et dont la charge émotionnelle laisse à croire qu’il est limpide. Ce n’est peut-être pas le cas. En réalité, cette notion qui appartient au domaine de la philosophie politique et morale a été, dans son acception désormais usuelle, introduite en 1840 par Pierre Leroux, l’un des fondateurs du socialisme républicain. Il s’en explique avec une belle clarté : « J’ai le premier emprunté aux légistes le terme de solidarité pour l’introduire dans la philosophie, c’est-à-dire suivant moi dans la religion : j’ai voulu remplacer la charité du christianisme par la solidarité humaine (3). » Léon Bourgeois, qui connaîtra une belle carrière politique sous la Troisième République — il sera également l’un des initiateurs de la feue Société des Nations —, prolongera à la fin du XIXe siècle cette réflexion sur la « nécessité morale » de la solidarité comme devoir (4). C’est là une notion qui, tendant à se substituer à celle de justice sociale, possède le charme de la vertu floue, d’autant qu’elle est du ressort de chacun, en son âme et conscience, bien plus que de l’autorité des lois.

La « solidarité » va permettre la moralisation du rude capitalisme, en faisant jouer, à l’intérieur même de son cadre, l’aspiration à l’adoucissement de ses contraintes. C’est la prise de conscience douloureuse de l’inévitable inégalité entre individus qui induit la recherche d’une conciliation entre efficacité économique et soutien aux « défavorisés ». Évidemment, cette conception de l’inégalité inévitable, patente, simple évidence, est centrale. Et s’articule on ne peut mieux avec l’idéologie même dudit capitalisme, qui suppose que le meilleur gagne ; que le plus travailleur, ou le plus intelligent, saura faire la différence et se frayer son chemin, démocratie aidant. La réussite revient à ceux qui la méritent, et les plus beaux discours égalitaristes n’empêcheront jamais que l’un sera plus doué que l’autre pour grimper l’échelle sociale.

Du peuple souverain au citoyen
usager de la démocratie

Comme le souligne la philosophe Monique Canto-Sperber, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), si, en nos temps de transformations, la précarité s’est accrue, les « opportunités pour les talents et les initiatives » en ont fait autant : entre ceux qui savent se saisir de ces opportunités et ceux qui ne le savent pas, l’écart très logiquement se creusera. Il en serait ainsi, tous n’ont pas les mêmes capacités. Il faudrait donc en finir avec ces « mythes », qui n’ont su que mener à l’« affreux spectacle » du socialisme « réel ». Mieux, il faudrait reconnaître que s’« il est possible d’exercer une influence sur l’homme, on ne peut changer l’homme ». Pas d’angélisme niais à la Jean-Jacques Rousseau, présupposant que l’homme est bon par nature ; le mal existe, et c’est précisément « dans la reconnaissance du mal et du conflit » que le libéralisme s’est développé — le libéralisme de gauche se devrait pareillement d’en tenir compte.

Les différences d’appétit, de volonté, de compétences créent le conflit, la lutte, la hiérarchie. C’est pourquoi « il est illégitime de se servir de catégories morales, par exemple le prédicat “juste”, pour qualifier des phénomènes aussi complexes que la répartition des biens, biens dont la production résulte d’une multitude d’actions volontaires croisées ». Le libéralisme de gauche œuvrera donc pour un « libéralisme solidaire et tragique », enfin dissocié de tout idéalisme — le « tragique » renvoyant ici à l’acceptation vigilante du constat du mal inscrit potentiellement dans la nature de l’homme.

Qu’on ne s’y trompe pas : c’est bien autour de cette définition que tout se noue. Le marché est indissociable de l’homme, le refuser serait nier « la complexité, voire l’ambivalence du réel », qui est fondamentalement inégalitaire. Une société solidaire doit alors se donner pour objectifs de réduire les « situations de domination » et de préserver « la richesse de la vie humaine — le souci du bien commun, la famille, la spiritualité, le savoir, la création, la tradition, la force irréductible du mal, et une vision humaniste ». Pour y parvenir, des « accompagnements sociaux », des « régulations », devront être élaborés grâce à la construction d’un consensus surmontant le « pluralisme irréductible des intérêts et des opinions » : « Les personnes affectées par une rupture d’emploi » pourraient ainsi avoir l’« assurance d’être protégées du dénuement et de trouver des solutions pour revenir au travail » sans que soient empêchés les licenciements, ce qui sauvegarde la croissance à long terme.

En effet, il importerait à la fois de préserver le marché et de continuer de permettre à chacun d’y participer, puisqu’il est « la condition non seulement de l’enrichissement, mais aussi de l’autocritique et donc du perfectionnement de soi ». Avec un marché encadré, outil de liberté et non instrument de domination, chacun doit pouvoir tendre vers l’autonomie, et « forger un projet de vie » : le libéralisme de gauche, présenté à tort comme très distinct du néolibéralisme, assure les « fonctions protectrices de base » et permet « aux personnes de reprendre l’initiative ou du moins de saisir le sens de ce qu’elles vivent ». Dans la mesure, sans doute, où le quotient intellectuel de chacun le lui permet…

Ce libéralisme normatif, ces idées sociales libérales, on l’aura remarqué et Canto-Sperber le revendique, peuvent « servir à la gauche comme à la droite ». Rappelons d’ailleurs que Raymond Aron, dont la pensée n’est jamais bien loin ni d’Audier ni de Canto-Sperber, envisageait déjà une conciliation entre le socialisme et la tradition libérale « sans illusion, mais non sans volonté (5) ». Le rapprochement paraît s’être manifesté avec un éclat particulier lors de la formation du gouvernement de M. Nicolas Sarkozy. Mais, de façon peut-être encore plus subversive, on le repère dans l’emploi commun à la droite comme à la gauche de notions vaguement morales pour traiter de questions politiques et sociales. Outre la cruciale solidarité, c’est désormais le respect, la transparence ou, assorties de vibrations négatives, l’exclusion, la ségrégation ; l’ensemble de cette panoplie étant souvent brandi en lieu et place de l’archaïque justice. Mais si c’est bien la question sociale qui se trouve ainsi diluée, qui quitte le champ de la décision politique pour passer dans celui de la bonne conscience partagée, c’est plus largement l’idée même de « peuple » qui change subrepticement de définition.

Quand Audier précise que les sociologues réalistes jugent le « fait oligarchique inévitable », quand Canto-Sperber parle de « disqualification du vote populaire lorsqu’il se porte vers l’extrémisme » et de « tyrannie de la majorité », ce n’est pas là étrange égarement, mais la conséquence logique du postulat sur lequel est bâti le libéralisme social : l’inégalité des individus entre eux constitue un fait social, mais aussi une donnée naturelle. Ce qui passe ici pour une incontestable évidence n’est rien d’autre que la conception d’une échelle de valeurs qui recoupe celle du libéralisme économique. Elle postule que la loi du plus grand nombre ne saurait être automatiquement juste, dès lors que rien ne garantit que ce plus grand nombre sache penser judicieusement. Autrement dit, il convient de revenir sur la notion de « peuple », et de son usage.

Lorsque, dans La Légitimité démocratique (6), l’historien Pierre Rosanvallon interroge la validité du suffrage universel comme seule source du pouvoir démocratique, ce n’est certes pas en s’appuyant sur l’inégalité des capacités naturelles, mais sur les différences entre individus. Il n’empêche, sa réflexion mène à dissoudre le principe de souveraineté populaire (également connu comme le « pouvoir des urnes »), pour gauchir le citoyen en usager de pratiques démocratiques. Selon lui, « l’assimilation pratique de la volonté générale à l’expression majoritaire » ne peut qu’apparaître comme une « insupportable contrevérité ». Faire comme si le plus grand nombre vaut véritablement pour la totalité ne serait qu’une « fiction fondatrice », dans laquelle le peuple est censé représenter l’ensemble de la société.

Rosanvallon étudie ici, de façon très détaillée, l’histoire du décentrement progressif des démocraties, porté par la conviction que les citoyens ont de plus en plus conscience d’être insuffisamment représentés, ce que prouverait notamment un taux d’abstention élevé. « La notion de majorité a un sens arithmétique, mais elle ne correspond à rien dans l’ordre anthropologique. » Pour que se refonde, se recentre la démocratie, il conviendrait de lui redonner une légitimité : le peuple ne saurait plus s’appréhender comme une masse homogène, mais « comme une succession d’histoires particulières ». Il est désormais le « pluriel de “minorités” », et c’est par le souci des individus concrets que pourra se mettre en place la « constitution d’un pouvoir de la généralité sociale ».

Contre la sacralisation de l’élection, contre un Parlement supposé « enceinte de la raison publique » où se définit l’intérêt général, mais transformé en un lieu de marchandages, pour pallier une « légitimité imparfaite » par essence et que ne soutient plus guère une administration également en cours de délégitimation, pour accompagner le « nouveau monde » dans lequel nous serions entrés, il convient donc, selon Rosanvallon, de prendre en compte les valeurs nouvelles qui donnent sens à l’idéal démocratique, et d’en penser les moyens qui les rendront effectives.

L’équité impose de ne « sacrifier personne à l’abstraction d’un principe » ou à des intérêts partisans. Ce qui nécessite des institutions que nul ne peut s’approprier, la pluralisation des expressions de la souveraineté sociale, l’écoute active de la multiplicité des situations par la reconnaissance des singularités. Ce sont donc des « autorités indépendantes », composées d’experts légitimés par leurs compétences, parfaitement autonomes, et non d’élus susceptibles de parti pris, mais également l’organisation de la « réflexivité », telle qu’elle est introduite par les procédures de la justice constitutionnelle, qui ont alors à charge de « dénoncer l’écart de la réalité aux principes fondateurs de la démocratie ». Dans les deux cas, « les réquisits en termes de niveaux d’information, de dispositifs de confrontation ou de maturation de la réflexion qu’implique une “vraie” délibération sont fort exigeants ». Il est par conséquent indispensable de ne pas leur substituer la « rusticité des affrontements partisans », et pas davantage la « cacophonie de l’expression des opinions ». Le peuple, décidément, dans son expression directe ou par l’intermédiaire de ses représentants, manque de jugement…

Ce qui pourrait ainsi devenir, pour Rosanvallon, une « société d’impartialité radicale » déploierait les valeurs nouvelles chères au citoyen nouveau : compassion, proximité, transparence, etc., les institutions étant évaluées par des agences citoyennes — le peuple pourrait avoir ses « conseils d’administration » chargés de l’orienter. Et ce peuple n’est plus alors le seul peuple électoral, réduit à une majorité, ni le seul peuple social, « addition de protestations et d’initiatives », mais aussi le peuple-principe, où « chacun veut être considéré dans son existence et sa dignité ».

Dans ce cadre-là, la démocratie est enfin morale : la majorité ne fait plus la loi, on passe de la mécanique application du statut à l’écoute de l’individu, « l’exercice des droits devient indissociable de l’appréciation des comportements », l’application de la règle inhumaine parce que mécanique est périmée, la notion de peuple s’élargit à celle de peuple-humanité pour qu’advienne, grâce aux instances de « délibération rationnelle » confiées aux connaisseurs et aux citoyens éclairés, la possibilité de l’« affirmation positive de soi ».

Un tel idéal politique n’est pas très éloigné de celui que propose le traité constitutionnel européen et accompagne très finement un certain discours diffus, propre à un libéralisme attentif à s’humaniser, et qui se veut le héraut et le défenseur d’une « société de la particularité » tout autant que d’une « économie de la particularité » Mais le propos, dans sa visée même et avec tous les garde-fous que l’auteur esquisse, n’aurait-il pas quelques penchants… aristocratiques ? Oh, certes, cette aristocratie-là ne se justifierait que par ses lumières et son mérite, et elle ne serait censée intervenir que dans le cadre de la démocratie représentative. Néanmoins, et sans même s’attarder sur certaines affirmations surprenantes — on déterminerait son vote selon des « attirances et répulsions », par exemple —, on est obligé de remarquer que ces différents contre-pouvoirs, pour entreprendre d’« approfondir » la démocratie, entendent aussi tout simplement limiter le suffrage universel, le poids du vote de chaque électeur, éclairé ou non…

« Ce pieux mensonge que l’on
nomme système représentatif »

Dans le même état d’esprit, et dans La Reine du monde (7), l’historien-journaliste Jacques Julliard, directeur délégué à la rédaction du Nouvel Observateur et directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), examine, après l’émotion créée par le résultat du référendum européen, comment contrarier « ce pieux mensonge que l’on nomme système représentatif » et le « bonneteau » du suffrage universel. Il interroge donc le pouvoir de l’opinion qui permettrait de ne pas laisser au seul Parlement la fonction législatrice et de briser le monopole de la volonté générale « totalitaire » : l’opinion est la voix du peuple, et elle est souvent une puissance morale, qui fait par exemple aboutir la création d’un Tribunal pénal international, l’une de ces instances indépendantes chères à Rosanvallon. Mais opinion et suffrage universel ne s’opposent pas. « Sondages, élections, référendums, débats collectifs ne sont après tout que des modalités différentes d’expression d’un même phénomène : l’opinion publique. » L’avenir de la démocratie reposerait donc sur une coopération entre le système parlementaire et le système de l’opinion publique — à condition d’éduquer cette dernière. Or, « il n’est d’autre éducateur du peuple que le peuple lui-même, à la lumière de la raison et de l’expérience historique, à l’instigation de ses chefs. C’est donc du courage des hommes politiques que procède d’abord la sagesse du peuple. » Le peuple, ce Caliban, a ainsi besoin d’un « leader démocratique » qui « [l’]amène (…) à vouloir ce qui est son intérêt supérieur ». On ne saurait être plus clair.

Ainsi, de façon plus ou moins précise, la volonté de démocratiser la démocratie, ce qui implique de traiter de l’égalité, dans ses différentes acceptions, mène la pensée libérale sociale telle qu’elle est ici représentée à faire glisser la politique vers la seule morale. Et à substituer plus ou moins partiellement des élites au « peuple » — quitte, bien sûr, transparence oblige, à les placer sous contrôle. De la loi au contrat, du collectif au particulier, du choix tranché au consensus, du vote au dialogue, ce serait là ce que réclame le « nouvel individu démocratique ». Il ne peut qu’être troublant de remarquer à quel point ces modifications de l’idéal « citoyen » correspondent non seulement au nouvel aspect d’un capitalisme à visage humain, jusque et y compris dans sa prétention à faire représenter par la seule figure du « bon patron » le salut de l’entreprise. On peut alors se demander s’il s’agit là de modernité, ou de retour en arrière intelligemment déguisé en progrès sur le chemin de la vertu.

Evelyne Pieiller.

Evelyne Pieiller

Ecrivaine, auteure notamment de Dick, le zappeur des mondes, La Quinzaine littéraire, Paris, 2005 ; de L’Almanach des contrariés, Gallimard, coll. « L’arpenteur », Paris, 2002.

August 10, 2009

Pour une véritable région européenne…

Filed under: Uncategorized — admin @ 3:15 am

Lu sur Yahoo!

“Au chapitre institutionnel, Corsica Libera prévoit “le passage du statut de départements français à celui d’une véritable région européenne, performante et capable de défendre seule ses intérêts.”

C’est exactement la position de Breizh 2004 depuis sa création.

http://apps.facebook.com/causes/45379/10517115?m=6d54c0aa

Pouvons-nous nous réjouir de cette évolution de l’indépendantisme corse?
Oui et non. Car il n’est pas suffisant de s’affirmer “fédéraliste” pour le devenir et oublier en un instant ses vieux démons indépendantistes.
Encore faut-il choisir des porte-parole intègres et loyaux à la cause fédéraliste!
Encore faut-il comprendre ce qu’est la souveraineté et la subsidiarité et se garder des envolées oratoires romantiques qui torpilleraient l’objectif fédéraliste!

Le discours fédéraliste doit être UN et RASSEMBLER et non pas diviser !

Il existe une seule voie pour réussir, c’est le regroupement de toutes les forces fédéralistes. Pour ce faire, chacun doit poser un acte d’humilité, mettre de côté sa liste d’épicerie personnelle et ses récriminations, et s’engager résolument dans le front commun.

Cependant, il ne faut pas se laisser distraire par les problèmes sociaux quotidiens, n’y les ignorer. Tout simplement, la priorité est accordée à l’objectif qui transcende tous les autres, le fédéralisme.

Malheureusement, plusieurs stratagèmes fortement enracinés freinent l’action.

Les protagonistes du social ou de l’écologie font croire qu’il sera toujours temps de réaliser le fédéralisme lorsque les problèmes sociaux ou écologiques seront solutionnés.

Chacun doit se rappeler que la société est en perpétuelle mouvance et que les problèmes sociaux ne sont jamais réglés définitivement. Sans jamais s’arrêter, l’évolution suscite constamment de nouveaux problèmes. Cette évolution perpétuelle, les Réformateurs veulent la prendre en charge et sont convaincus de l’absolue nécessité, pour ce faire, de réformer notre pays en profondeur pour lui faire rattraper son retard sur nos partenaires, notamment européens.

http://www.facebook.com/s.php?q=r%C3%A9formateurs&init=quick#/group.php?gid=7208581239&ref=search

Enfin, n’oublions pas qu’il faut contrecarrer les effets dévastateurs des inconditionnels du conservatisme, les “yeux dans le rétroviseur” et des timorés genre Emsav en Bretagne.
Il faut être efficace, “professionnel”, pour la cause du fédéralisme européen. Battons nous avec l’espoir d’être vainqueurs !! Le fédéralisme sera une victoire si l’union est forte !!

http://apps.facebook.com/causes/45379/10517115?m=6d54c0aa

Pour BREIZH 2004
Le Président

Claude GUILLEMAIN

44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

breizh.2004@ gmail.com

http://www.breizh- 2004.org


Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.

August 9, 2009

Les propositions de réforme territoriale de l’UMP

Filed under: Uncategorized — admin @ 9:16 pm

La décentralisation est l’une des avancées démocratiques les plus importantes des trente dernières années. Cette ambition est depuis longtemps partagée par l’ensemble des familles politiques de notre pays. Elle fut lancée par François Mitterrand et Pierre Mauroy en 1982 et approfondie par Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin en 2003 et 2004.

Agir au plus près du terrain et des besoins de nos concitoyens, libérer les initiatives des élus locaux pour trouver des solutions adaptées et pragmatiques, accroître le contrôle citoyen sur des élus plus proches, voilà des principes que nous partageons tous, à droite comme à gauche.

Pourtant, après les deux vagues de décentralisation, le bilan demeure contrasté. Ce n’est pas l’idée de décentralisation qui est en cause mais au contraire le fait que nous ne nous soyons pas assez interrogés sur les structures, les élus, les institutions qui doivent incarner et faire vivre l’action publique locale. En vérité chacun sait bien qu’en France si toutes les collectivités sont d’accord, on met deux fois plus de temps qu’à l’étranger pour réaliser un projet. Et si l’une d’entre elles s’y oppose, le projet est condamné.

Le président de la République a eu raison de lancer le grand débat de la réforme des collectivités locales en prenant le temps d’identifier les problèmes et d’imaginer les solutions. Le rapport du comité présidé par Édouard Balladur, pour ceux qui ont pris le temps d’en faire une lecture honnête, dégageait les axes principaux d’une réforme ambitieuse, consensuelle et moderne (consulter le rapport).

Depuis la remise du rapport, le Mouvement populaire a organisé dans toutes ses fédérations des débats qui ont réuni militants, sympathisants, élus de la majorité présidentielle mais pas seulement. Ces débats ont attiré au-delà de notre famille politique : des citoyens et des élus de toute tendance politique n’ont pas hésité à y participer, montrant ainsi l’intérêt des Français pour la réforme.

Que nous ont dit les Français ? D’une même voix, nos concitoyens et les élus locaux de terrain nous ont dit, en bousculant parfois de «grands élus» : «Mais qu’attendez-vous encore pour faire cette réforme ? Allez-y, on vous attend !» Ils nous ont mis face à nos responsabilités. Loin des conservatismes parisiens, ces débats montrent qu’aux yeux des Français cette réforme est évidemment nécessaire et ne peut être qu’audacieuse.

Le Mouvement populaire sera au rendez-vous de ces attentes.

Face à la confusion des structures qui s’empilent et se concurrencent, nous proposons la création de deux piliers. Le pilier territorial réunira la Région et le département. Un seul élu, le conseiller territorial, sera amené à siéger au conseil général et au conseil régional. Chacune de ces deux collectivités se verra reconnaître un ensemble de compétences propres mais ne pourra agir en dehors de celles-ci. À quoi bon multiplier les services d’action économiques ou touristiques ? À force que tous soient compétents en tout, personne n’est plus responsable de rien et nos concitoyens ne s’y retrouvent plus. Avec le conseiller territorial, nous passerons à 3 000 ou 3 600 élus pour la Région et le département contre 6 000 aujourd’hui. À l’heure où nous demandons aux Français des efforts pour réformer le pays, nous devons, nous élus de la République, montrer que nous pouvons nous aussi nous réformer.

Le pilier communal réunira la commune et l’intercommunalité. Aujourd’hui, près de 90 % des Français vivent dans une commune membre d’une structure intercommunale. Ces structures représentent 40 % des dépenses communales mais échappent au contrôle direct des électeurs. Nous proposons donc que les citoyens aient leur mot à dire dans la désignation de leurs représentants intercommunaux. Ils seront élus sur les listes municipales en même temps que les conseillers municipaux. Par ailleurs, en concertation avec les élus, la carte de l’intercommunalité sera complétée et rationalisée. À terme, l’essentiel des multiples syndicats intercommunaux a vocation à rejoindre les communautés urbaines, de communes et d’agglomération. L’élection municipale demeure néanmoins l’élection locale la plus identifiée par les Français. Le maire s’en trouve investi d’une grande légitimité démocratique. La commune doit donc être la seule collectivité conservant la clause générale de compétence.

Afin de prendre correctement en compte le fait urbain, un statut nouveau de métropole réunissant pour les 7 plus grandes agglomérations françaises (Lyon, Marseille, Nantes, Bordeaux, Lille, Toulouse et Nice) les compétences départementales et intercommunales sera créé. Elles pourront développer des politiques d’équilibre de la Région capitale et d’attractivité européenne. Ce statut sera ouvert afin que les agglomérations candidates puissent l’adopter.

Cette réforme devra comprendre des éléments de souplesse afin que les structures puissent s’adapter aux besoins de chaque territoire, qu’il soit urbain ou rural. Ainsi, si une Région veut donner une compétence à ses départements, elle pourra le faire. Au sein de chaque pilier, grâce aux élus communs, les synergies et les économies apparaîtront naturellement. Sur proposition des élus et après consultation des citoyens, les regroupements entre communes, entre départements ou entre Régions devront être facilités.

Parce que cette réforme est plus importante que les intérêts partisans, nous proposons que les nouveaux élus de ces deux piliers soient désignés en 2014. Mais parce que la réforme n’attend pas, les textes devront être votés au plus tard en 2010.

Les Français nous l’ont dit avec fermeté, il est temps de donner à la France l’organisation territoriale qu’elle mérite. Une organisation moderne, souple, efficace et économe. Le Mouvement populaire a fait ses propositions, il est prêt au débat.

August 6, 2009

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Filed under: Uncategorized — admin @ 5:50 am
NDdL.jpgL’aéroport international, au nord de Nantes, est programmé pour 2016.

Les opposants (favorables au retour du passé et à la conduite les yeux rivés sur le rétroviseur) organisent une « semaine de résistance » et plaident le développement durable.

C’est l’un des grands rendez-vous écolo de l’été, une « Semaine de résistance ». Un immense champ fraîchement fauché, avec stands, chapiteaux, débats. José Bové est attendu demain vendredi. Il vient épauler le collectif des 300 élus locaux et les vingt-huit organisations qui ferraillent contre l’implantation d’un aéroport international à Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes.

« Projet aberrant, ruineux, coûteux pour la planète », argumentent ces opposants. Qui entendent profiter de la « vague verte » des européennes et de la dynamique impulsée par le Grenelle de l’environnement pour avancer leurs pions.

Alors que la Bretagne ne peut que se féliciter de ce projet, certains écolos veulent le retour au passé, le retour de la chaise à porteur « à condition d’être portés par les autres ».

Le simple fait de construire cet aéroport apportera des milliers d’emplois. Roissy a créé des richesses sur 100 km aux alentours, et au début personne n’en voulait au milieu des champs de blés.

Refuser que la Bretagne soit aux portes du monde alors que la mondialisation est à nos portes, c’est se renfermer sur soi-même. Aujourd’hui tout le monde prend l’avion, l’avion est le moyen de locomotion le moins cher.

Regardez les promos voyages souvent moins chers qu’une location bas de gamme en France. Il y a 40 ans, seuls les riches et les élites voyageaient ! Aujourd’hui tout le monde y a accès, n’est ce pas un progrès ?

Alors arrêtons ce négationnisme permanent du progrès et du développement, puisque tout le monde en profite, surtout ceux qui le combattent

Il ne s’agit pas de la création d’un nouvel aéroport, mais du transfert de Nantes-Atlantique. A terme, il faut craindre une saturation de Nantes-Atlantique (2,8 millions voyageurs en 2008).

Ce que l’on peut regretter, c’est que, par stupidité politique, la construction de cet aéroport, intervient avec 30 années de retard.

Ce au détriment de la Bretagne et de Nantes.

Alors chers compatriotes Bretons, cessez une bonne fois pour toutes, de réagir avec une mentalité de colonisés. Regardez en direction du premier de la classe et non du cancre au dernier banc près du radiateur.

Lire : http://www.aeroport-grandouest.fr/


Pour BREIZH 2004
Le Président

Claude GUILLEMAIN

44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

breizh.2004@ gmail.com

http://www.breizh- 2004.org


Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.

August 3, 2009

Le patriotisme

Filed under: Uncategorized — admin @ 8:29 pm

Le patriotisme n’est pas une idéologie. C’est un état d’esprit qui repose sur l’exaltation de critères d’identité (géographique, culturelle …) pour présenter une alternative.

Cette poussée d’un nouveau patriotisme intervient donc classiquement lorsque trois facteurs sont réunis.

Tout d’abord, dans les circonstances où les idéologies traditionnelles ont fait preuve de leurs faiblesses. Elle s’avèrent incapables de mettre en œuvre des solutions durables. Elles donnent le sentiment de s’accommoder de situations qui ne sont plus supportées par l’opinion publique. Cette dernière éprouve alors le besoin de se réfugier dans une autre voie.

Ensuite, l’émergence du patriotisme accompagne les périodes où les valeurs universelles sont perçues comme un luxe. L’opinion publique ne conteste pas fondamentalement telle ou telle valeur d’accueil, de libéralisme, de tolérance mais elle considère que la pression des évènements du moment renvoie ces valeurs à des défis d’une autre époque ou à des aspects de “vitrine” qui n’ont plus de raison d’être.

Enfin, dernière étape, face à des sociétés de plus en plus permissives, le patriotisme est perçu comme un moyen de “légitime défense”. Pour se sauver dans des circonstances particulièrement mouvementées, le patriotisme apparaît alors comme une réponse car permettant de réaliser l’unité au moment même où elle serait menacée par des évènements forts.

La période actuelle est marquée par l’échec sur trois fronts d’aspirations vitales pour le progrès de l’espèce humaine : être, se réaliser, fraterniser.

Sur ces trois fronts, l’actualité semble laisser place à l’autodestruction, à une désagrégation de la communauté exposée à des maux multiples qui amplifient les peurs les plus anciennes de l’humanité y compris tout simplement la préservation de sa place sur la planète terre.

La mode du patriotisme correspond au renforcement de la collectivité de rattachement, celle de la “nouvelle identité”.

Powered by WordPress