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Yann-Ber Kalloc'h (1888-1917)

"L'unique solution est une Bretagne autonome dans une France fédérale. Je suis nationaliste breton, dit-il, sans être séparatiste." JP Calloc'h

Me zo ganet e kreiz er mor

Yann-Ber Kalloc'h est un écrivain de langue bretonne né le 21 juillet 1888 à l'île de Groix et mort le 10 avril 1917 à Urvillers (Aisne) lors des combats pour la défense de Verdun.

Dans ces poèmes composés en grande partie au front, il exprime sa profonde foi chrétienne, l'amour de sa langue et ses sentiments politiques teintés d'autonomisme.

Fils d'un simple pêcheur (mort en octobre 1902), il désire d'abord devenir prêtre et entre au petit séminaire de Sainte-Anne-d'Auray en 1900, puis au grand séminaire de Vannes en octobre 1905. Il dut renoncer à sa vocation car ses deux s½urs et son frère cadet souffraient d'une maladie nerveuse. Or le droit canon interdisait la prêtrise à ceux dont un ascendant ou un proche est atteint d'une telle maladie. Il devient répétiteur dans différentes villes dont Paris.

Prenant pour pseudonyme son nom de barde Bleimor (Loup de mer), nom qu'il a pris en entrant au Gorsedd de Bretagne, il collabore à divers journaux régionalistes et autonomistes, dont Le Pays breton.

« Je suis le grand veilleur, debout sur la tranchée. Je sais ce que je suis. Je sais ce que je fais. L’âme de l’Occident, ses filles, ses fleurs. C’est toute la beauté du monde que je garde cette nuit. »

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Olier Mordrel (1901-1985)
BREIZ ATAO 1973 (pages 53-55).

"Nous avons dit ce que nous devions à nos prédécesseurs. Parmi eux se détachait une figure de grande classe, Jean-Pierre Calloc'h, qui avait écrit, en partie au front, un recueil de poèmes devenu vite célèbre : Ar en deulin sous le nom de Bleimor .....Dans l'hommage qui lui est adressé s'exerce un choix subtil. En lui, c'est l'engagé volontaire, mort pour la France, le Breton qui a donné le bon exemple, que salue le képi doré des Préfets. Il y a un autre Bleimor, celui que Breiz Atao nommait "notre grand frère Calloc'h" et dont il n'a jamais été de bon ton de parler....Mais la plus belle leçon d'esprit politique qu'il nous donne, c'est quand il répond à Louis N. Le Roux, apôtre du séparatisme. Son refus n'est pas, comme chez les conformistes ou les pleutres, la révolte feinte ou sincère d'un sentiment de loyauté à l'égard de l'idole hexagonale. C'est la réponse d'un esprit libre, mais positif. Ses raisons conservent une telle pertinence, malgré leur soixante et un ans d'âge, qu'il est bon  de les répéter. Elles se résument en quatre points: La Bretagne n'est pas préparée (nous sommes en 1911) à se gouverner elle-même. Elle n'a ni chefs, ni personnel, ni programme de gouvernement. La France ne tolérerait jamais l'indépendance bretonne et nous ne disposons d'aucun moyen de briser son veto. Si, malgré tout, nous parvenions à réaliser l'état breton, nous serions l'objet des convoitises d'autres puissances. Une France démembrée, c'est la Bretagne allemande ou anglaise. La solution d'une Bretagne neutralisée est impensable. Quelles grandes puissances y auraient intérêt?" Il n'y avait en 1911 rien à répondre à cela. Si l'argumentation a vieilli, puisqu'elle ne tient pas compte, et pour cause, de l'éventualité des États-unis d'Europe qui change toute la perspective, elle garde sa valeur relativement au contexte de l'époque. Puis Calloc'h tire sa conclusion. L'unique solution est une Bretagne autonome dans une France fédérale. Je suis nationaliste breton, dit-il, sans être séparatiste. Breiz Atao n'ira guère plus loin..... Il avait réfléchi. Il précisait ainsi sa ligne de conduite pratique: "Quel que soit l'avenir, quoi que devienne la France, quel que soit le gouvernement à Paris demain, il faut qu'il trouve en face de lui une Bretagne organisée. Voilà un terrain d'union et d'action tout préparé où tous les patriotes bretons pourront travailler de concert côte à côte, en toute franchise."

 
Last modified: 09/04/2006 10:45 AM

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