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Une campagne combative pour l'emploi? Ne serait-ce pas plutôt la préparation médiatique d'un éventuel candidat de gauche à l'élection présidentielle en 2007?

Ceux qui appellent à la révolte aujourd'hui, comme si la politique commençait et se terminait dans la rue, ignorent-ils les implications d'une campagne préparatoire d'un candidat Mr ou Mme XYZ de gauche pour la présidentielle et pour les élections législatives? C'était prévu. Déjà en 2002, le Parti Socialiste prévoyait ces élections sur fond de luttes de classes et de luttes sociales. Vision prémonitoire? Non, propagande organisée. Rappelons ce qui a suivi l'élection de Jacques Chirac au poste de président de la République. Moins de six mois après son arrivée à l'Élysée, la France connaissait son plus important mouvement de grève et de protestations étudiantes depuis mai-juin 1968.

Aujourd'hui, les attaques contre le gouvernement Villepin ont pris la bourgeoisie par surprise, miné le gouvernement Villepin et créé les conditions pour la défaite de l'UMP, à la grande surprise de Hollande lui-même et des autres dirigeants de la gauche officielle. Compte tenu de ces faits, la campagne actuelle contre le CPE et le CNE et la mobilisation "contre la précarité" m'apparaissent plus comme une tentative de paralyser politiquement les Français à la veille de luttes dont les proportions dépasseront de loin celles de 2006 et non comme les prémisses de la volonté de « construire une alternative révolutionnaire, populaire, socialiste et européenne » à la société actuelle. Il existe de nombreux indices qui montrent que les dirigeants du Parti Socialiste tout comme ceux d'autres organisations de gauche sont pleinement conscients de cet objectif. Ils exigeront demain la fin des manifestations lorsque, une fois obtenu le retrait du CPE, inquiets des conséquences et du risque qu'elles risquent d'entraver la continuation du programme de la gauche, ils appelleront au retour à la normale dans la période pré-électorale. Alors mieux vaudrait pour l'UMP ne pas leur donner cette arme et retirer le CPE quand il en est encore temps.

Ce qu'il faut retenir de cette période, c'est qu'il est impératif de combattre l'influence politique d'organisations jacobines, vieillies, dépassées, fossilisées et qui autrefois parlaient au nom de la "classe ouvrière". Aujourd'hui ces organisations ne sont plus que des coquilles vides, ne survivant que grâce à une bureaucratie intéressée et grâce aux subsides de l'État.

La politique française est à un tournant de son histoire.

Tout dépendra du « facteur fédéraliste », c'est-à-dire de la direction non-révolutionnaire mais profondément réformatrice et de la conscience politique des "fédérés", dans chaque région. Afin qu'ils donnent une direction qui ne soit pas hypnotisée par l'opinion publique nationale-bourgeoise, et qu'ils aient confiance en eux-mêmes et en leur force politique. La débâcle du pouvoir centralisé, de gauche comme de droite, résultante de leur folie de vouloir tout réglementer d'en haut, ouvrira la voie au développement d'un mouvement politique indépendant de base, fondé sur un programme fédéraliste et européen.

Les véritables sentiments de millions de gens, jeunes et moins jeunes, n'ont trouvé qu'une bien pâle expression dans les votes pour ou contre le blocage des universités. Il est indispensable de parler franchement aux étudiants, aux jeunes sans emploi et aux membres et partisans de ces partis qui ont animé la "révolte" : sur la base des déclarations et des faits et gestes de vos dirigeants, vos organisations n'ont à ce jour fait preuve d'aucune compréhension de l'immense responsabilité qui repose aujourd'hui sur eux. Vous êtes appelés par la crise actuelle à donner une direction décisive. Ceci signifie concrètement de reprendre à votre compte, dans une voie fédéraliste non-révolutionnaire et réformatrice l'appel à la révolte qui vous a été imposé.

BREIZH 2004 encourage tous les fédéralistes de France à soulever cette demande et à lutter pour la réalisation d'une profonde mutation de notre société jacobine française, pour les autonomies locales, liée à la défense des différences et des identités collectives, et le droit de décider localement dans le cadre d'une démocratie participative.

Claude Guillemain BREIZH 2004 Mouvement fédéraliste breton et européen http://www.breizh-2004.org

Last modified: 03/18/2006 03:30 AM

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