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"La sagesse de l'Etat est une chimère; où donc prend-on ces sages administrateurs, sinon parmi ce peuple qu'à l'avance on déclare incapable et fou? Consultez l'expérience. Les hommes qui forment l'administration, si habiles et si clairvoyants qu'on les suppose, en savent toujours moins que l'intérêt particulier. Partout où l'Etat intervient, il empêche le travail de s'établir, ou, ce qui n'est pas moins nuisible, il favorise le développement de certaines industries qui ne sont pas viables. Que l'Etat fasse régner la paix et la sécurité, son rôle est rempli; dès qu'il sort de sa sphère, il porte le désordre et le trouble dans la société. Il n'y a de disette que dans les pays où l'Etat se mêle de régler les approvisionnements; les peuples les plus misérables sont toujours les plus protégés"
Saviez-vous qu’en 1863, la recherche d’une alternative politique invoquant « Le parti libéral, son programme et son avenir » avait déjà mobilisé un certain Édouard… Laboulaye ? Auteur d’un ouvrage alors paru sous ce titre, Laboulaye (1811-1883) était l’une des personnalités les plus en vue en France : écrivain des plus réputés, professeur de législation comparée au Collège de France, initiateur de la statue de la Liberté car grand connaisseur et admirateur des États-Unis, farouche opposant à Napoléon III puis parlementaire et l’un des principaux pères fondateurs de la IIIe République. Dans Le parti libéral, son programme et son avenir qui vient d’être réédité*, Laboulaye s’attache à démontrer que l’État n’a de légitimité que s’il se concentre sur la seule tâche de protéger constitutionnellement la liberté individuelle (tout ce qui va au-delà ne peut qu’entraîner désordre et despotisme). Et qu’un authentique programme libéral devrait se limiter à restituer aux citoyens les libertés qui leur ont été confisquées. Ce qui, presque un siècle et demi plus tard, n’a rien perdu de son actualité ! Dans le même volume, on découvrira en application pratique le plaidoyer de Laboulaye en faveur de la liberté d’enseignement, qu’il défend contre Jules Ferry à qui l’on doit l’institution du monopole d’État sur l’université. Une très érudite préface signée de Michel Leter permet au lecteur de restituer tout ce propos dans le contexte intellectuel et politique des débats de l’époque. Il existe une encyclopédie Wickiberal que je trouve formidable et qui parle bien sûr d'Edouard LABOULAYE : www.wikiberal.org/wiki/Edouard_Laboulaye.
Last modified:
11/02/2007 04:53 AM
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