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"Il reste que la petite étincelle qui s’est allumée autour de L’Idiot international aurait pu s’étendre plus loin – et c’est probablement la raison pour laquelle on s’est empressé de l’étouffer. L’Idiot a permis à des gens d’origine politique et idéologique très différente de mieux se connaître et de débattre entre eux. Des affinités transversales se sont manifestées, anticipant les nouveaux clivages que l’on voir apparaître aujourd’hui dans tous les domaines, en dépit des efforts de la classe politique pour pérenniser des divisions obsolètes qui ne correspondent plus à rien.

J’avais moi-même publié dans L’Idiot un article intitulé « Jaurès et Barrès » qui allait en ce sens. Le déclic que Jean-Edern a mis en oeuvre à cette époque n’a pas eu de suites. On peut même dire qu’il s’est borné à des initiatives désordonnées, doublées de quelques « provocations » ébouriffantes. Je reste néanmoins convaincu qu’il aurait pu en sortir autre chose, qu’il aurait pu donner lieu à des prolongements plus féconds. Les nouveaux clivages, quoi qu’il en soit, se produiront.

Le souvenir que je garde de L’Idiot international est le souvenir d’une entreprise à la fois ludique et stimulante. Il y a certes eu dans le journal bien des choses contestables, comme les articles à connotation antisémite de Jean-Edern ou ses polémiques littéraro-sexuelles avec JosyaneSavigneau. Mais il y eut aussi des papiers formidables, qui reflétaient d’autres facettes de cet écrivain de talent et de ce provocateur de génie que fut Jean-Edern, avec toutes ses (grandes) qualités et ses (immenses) défauts. D’autres, après lui, se sont essayés à ce genre dans lequel il excellait, généralement sans grand succès. Etre un véritable imprécateur n’est pas donné à tout le monde ! Dans le monde utilitaire où nous vivons, où l’intolérance et le conformisme interdisent désormais tout débat, L’Idiot a été un petit grain de sable qui, pendant quelque temps, a paru, sinon bloquer, du moins perturber la machine. Il serait dommage de l’oublier."

Alain de Benoist

« La France a connu des guerres pendant mille ans. Lorsqu'elle les a perdues, elle a admis ses défaites et s'est interrogée. "39-45" est la première guerre dont la défaite ait été niée. Il n'y a donc pas eu la remise en question nécessaire après tout échec.

Naturellement, je ne veux pas remettre la France en question. Mais je voudrais lui communiquer une force de rébellion, d'identité, de retour à elle même. Cela ne passe pas par des partis ; cela passe par une sorte de retour à la responsabilité individuelle, à la dénonciation de la sous culture journalistique.

Que dire à un épicier de quartier qui se désespère de l'état de son pays ? "Il est délicieux, votre pain d’épices ". A la secrétaire: "Vous rédigez de très belles lettres ".. Au garagiste : "Personne ne sait aussi bien rééquilibrer mes roues que vous". Il faut rendre l'amour du travail bien fait. Idem pour l'écrivain. Même si je vends mal, je n'ai pas fait de plagiat, je n'ai pas employé de nègres. J'ai la satisfaction du travail accompli.

Aujourd'hui, on a relégué l'industrialisation au tiers monde. Le capitalisme est financier non plus industriel. Avant, on humiliait le travailleur. Aujourd'hui, on l'expulse. Le meilleur employé est viré. Autrefois, c'était de Wendel qui créait des milliers d'emplois. Aujourd'hui, c'est Tapie qui licencie des milliers de personnes. Et il est, bien sûr, célébré par les médias...

Il faut donc refaire une France des valeurs. Je sors d'une Bretagne qui a donné à la France Du Guesclin, Madame de Sévigné, Chateaubriand, Bolloré, Leclerc, Bernard Hinault. Si l'on m'oblige à changer de peuple, il ne me reste qu'à demander l'indépendance de la Bretagne. »

 

Jean-Edern Hallier
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Last modified: 11/22/2007 09:45 AM

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