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La Charlezen
De: Marc'haïd CHARLEZ [marchaidcharlez@hotmail.com]
Envoyé: dimanche 25 mars 2001 0:42
À: unvaniezh-bretoned-bro-veljik@yahoogroups.com
Objet: Re: UBB amertume
 

***Cela a été de tous temps, le tort de la Bretagne, et des bretons, et a ainsi fait que les Français Jacobins prennent le pouvoir dans notre région***

Ayant passé l'âge des études depuis ...quelque temps, je ne sais si j'ai bien saisi le sens des débats d'aujourd'hui : élections et union des Bretons d'un côté et de l'autre,  extermination - non génocidaire - des Bretons au Mans en 1871.

Et puis ces deux messages, ci-dessus, clairs et interrogateurs.

Je crois comprendre que vous attendez de Marc'harid le regard d'une "indigène"...d'une "sauvage du passé" en quelque sorte, sur ces sujets et sur la manière dont les Bretons  appliquent les valeurs dont ils portent - en principe - le flambeau.

Alors écoutez mon histoire, Sellaouit 'ta tud yaouank.

Nous sortons à peine de la guerre de 1870 que celle 14-18 et sa boucherie organisée vient encore une fois moissonner des vies bretonnes et nous confisquer notre histoire. Je suis convaincue que les Bretons avaient encore une fois payé trop cher le droit de se dire français et avaient encore du chemin à faire pour seulement penser à leur liberté.

Ce fut pourtant de ce choc que naquit le nationalisme breton, du PNB et de Breizh Atao. En réaction à notre histoire confisquée, le parti incarnait  la Nation Bretonne et cette idée si prégnante, - que l'on qualifiera ultérieurement de " révolutionnaire "- dans le tiers-monde, que la libération collective l'emporte sur l'Homme. Le vieux nationalisme , en quelque sorte.

Ce fut ensuite, après la guerre de 39-45, les tentatives d'organisation des partis nationaux bretons, d'une presse bretonne, d'associations bretonnes, pendant toute cette période 60-90 , le vieux libéralisme démocratique, en quelque sorte. Et puis, pas mal d'idées nouvelles, après mai 68, les verts, l'Europe, la mondialisation de l'économie, etc...

Et les partis bretons dans tout ça ? Ils avancent, ils ont peut-être du mal à convaincre que leurs idées sauront régler les problèmes de tous les jours, le travail, l'école. Et ils y réussissent, avec peu de moyens. Et je me réjouis, ce soir, de voir les succès des partis bretons, et de ceux qui se réclament de l'identité culturelle bretonne.

Alors d'où vient cette "amertume", ce soir, d'où viennent ces mots de "tort" , faiblesse celte,  "de tous temps", vieux passé judéo chrétien qui nous font préférer le regret et la quête du pardon plutôt que de célébrer la victoire en buvant et en ripaillant. Sommes-nous donc si peu sûrs de nous que nous en viendrions à regretter d'avoir gagné ? Allons-nous regretter le combat politique qui nous a apporté des élus ?

A mon humble avis de vieille femme militante, l'amertume vient de ce que nous faisons sans cesse le grand écart entre la nation bretonne qui réclame l'union de toutes les forces et l'humanisme démocratique qui demande avant tout le respect et la défense des droits de l'individu.  Et l'amertume vient aussi que les objectifs ne sont pas toujours clairement désignés.

L'engagement politique breton doit se nourrir de ces deux pôles antagonistes en apparence.

Question ? Comment pouvons nous, d'une part accepter de faire une croix sur cette culture militante et politique bretonne qui nous a fait naître, et dans le même temps avancer des idées de liberté, de solidarité et de dialogue, idées communes aux peuples d'Europe, tout en revendiquant notre existence autonome ou indépendante ?

Réponse ! En acceptant de lever les yeux de notre carré de terre et en redonnant à la Bretagne la dimension qu'elle n'aurait jamais du quitter : l'universel. Tout le monde sait que pour mieux frapper une balle (foot, tennis) il faut regarder au loin l'objectif que l'on s'est fixé. Pour nous, l'objectif est l'autonomie ou l'indépendance ? Quels sont les outils dont nous disposons ? Les partis, les associations, les élections, les journaux, les discussions etc..en Bretagne. Utile certes, mais risque majeur de manquer la cible et de s'épuiser en combats fratricides.

Chercher au loin l'objectif général 

Je m'obstine à croire que les libertés individuelles et collectives bretonnes seront conquises au prix d'un élargissement de la Bretagne vers l'Europe, une Europe qui ne sera pas le luxe réservé aux seuls citoyens des États-Nations. Sans Europe des Nations, sans droits individuels et collectifs pour ces Nations sans États et ces petits États, il n'y aura ni implication des bretons dans une politique européenne commune, ni reconnaissance de ses droits et de sa liberté, ni développement économique et politique au profit de tous.

Poursuivons sur cette idée d'une Europe " des droits de la personne humaine et des nations ".

Cette donnée " historique " paraît d'autant plus indiscutable que la construction européenne repose sur deux exigences : une gouvernance et un pouvoir démocratiques. C'est dès lors, le lieu rêvé, loin de Paris,  pour avancer nos idées à la fois patriotiques, sans crainte d'être réprimés par l'état français , et démocratiques, en accord et solidaires avec les peuples d'Europe. Et cette idée a un nom : fédéralisme européen des régions.

Agir ensemble

Comment agir ? Il est normal que l'Europe exige de retrouver chez ses partenaires actuels, les États Membres (F, GB, I, B, etc) , les valeurs qu'elle entend assurer chez elle. Or, force est de constater que le miroir breton (mais aussi basque, occitan, corse, ...) renvoie des images nettement moins agréables. Atteintes graves aux droits de l'homme, aux droits culturels, oubli volontaire des langues minorisées, dépeçage administratif de Vichy toujours en vigueur etc... Et comme je suis à peu près certaine que Paris n'a pas réellement intégré l'idée que les Bretons puissent constituer, dans leur région Bretagne, un gouvernement autonome et responsable, comment voulez-vous que le contraire soit intelligible pour un Finlandais ou un Autrichien, malgré toute l'amitié qu'il puisse vous porter ? Par le faire savoir et le faire dire, par le lobbying et la démonstration - pacifique-, par le faire-voir et le faire entendre, bref par toutes sortes d'action qui nous réconcilieront pour un objectif commun.

Nos partis sont-ils déjà engagés dans cette voie ? Je souhaite sincèrement qu'ils s'unissent, UDB, PB, POBL, pour en réaliser les premières manifestations, les premiers contacts et l'union viendra naturellement, logiquement serais-je tentée de dire, puisque c'est dans l'action commune que les partis reconnaîtront leurs valeurs et la qualité des hommes et femmes militants. Un pacte de non agression ? Non, un pacte d'étude de projet en commun ! et on laisse les rivalités locales aux prochaines élections...

Mais le voudront-ils?

Dans ces conditions, j'encourage toutes les initiatives de la société civile bretonne, les partis, les acteurs économiques, les collectivités de Bretagne et de la diaspora vers ce but européen. Ces initiatives doivent rapprocher la Bretagne de l'Europe , avec nos valeurs de patriotisme et de défense des libertés, et faire connaître à toute l'Europe et au monde, les revendications du peuple breton.

 

Marc'harid Charlez

La Charlezen

"Ha na è ket ur zelbant vad
Klewet 'r Charlezenn c'huitellad."

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Anne de Bretagne
«C'est grâce à moi que la Bretagne a été rattachée à la France (cela dit, j'ignore si c'est toujours le cas).»

marchaidcharlez@hotmail.com

Ma Reine,

S'il vous plaît, retirez ce «grâce à moi» qui ne vous convient pas. Tous les Bretons savent que c'est à votre corps défendant que vous avez accepté ce mariage honteux. Votre duché de Bretagne ne devait pas revenir à la France selon les traités de 1532, seule la propriété privée du duché était transmise à vos héritiers mâles. Et pour répondre à votre demande, non, la Bretagne est restée autonome dans son coeur, comme vous l'avez voulu. Mais les textes et les lois ne sont pas en accord avec cette autonomie depuis la révolution de 1789 et l'abandon des privilèges.


Marc'harid Charlez

"M' eo honhont ar Charlezenn,
A c'hwitelle war bouez he fenn;
Ha n'eo ket ur seblant vat
Klevet ar Charlezenn o c'hwitellat"
Last modified: 11/09/2005 11:01 AM

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