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La France a besoin d'une révolution démocratique, d'une révolution positive, pour entrer dans le monde du 21ème siècle avec confiance et sérénité. Nous nous engageons aujourd'hui à consacrer nos énergies à cette ambition.

Le fossé qui se creuse entre une France figée et un monde en bouleversement accéléré est devenu trop large pour être comblé par des demi-mesures. A travers le monde, de multiples révolutions sont en cours : la Chine s'est éveillée, l'Inde surgit, et ces pays-continents bouleversent la géopolitique mondiale ; les révolutions technologiques se succèdent et modifient en profondeur nos modes de vie et nos façons de travailler ; le monde connaît la plus forte croissance de l'histoire de l'humanité, ce qui signifie que les cartes de la puissance et du rayonnement culturel sont en train d'être redistribuées à toute vitesse.

Face à ces constats, de nombreux pays européens ont engagé leur révolution pour trouver leur voie dans le monde nouveau. Ce n'est pas le cas de la France. Nos modes d'organisation collective, notre démocratie, notre Etat, notre modèle économique et social n'ont pas suivi le mouvement. Ils sont peu à peu devenus immobiles. Aujourd'hui, ils ne fonctionnent plus.

Nous considérons que cette situation n'est pas une fatalité et que l'élection présidentielle de 2007 est une occasion à saisir - sans doute la dernière si nous voulons éviter un effondrement brutal - pour répondre à l'attente de modernité de la société française.

Nul ne peut avancer s'il n'est mû par une certaine vision de son avenir, une ambition à réaliser, un rêve à accomplir. C'est vrai pour les individus et pour les organisations humaines, quelles que soient leurs tailles. C'est vrai pour la France. La première question à laquelle il faut répondre est donc celle de la vision: quelle France voulons-nous dans 15 ou 20 ans ?

Nous voulons une France moderne, terre d'innovation, de créativité et donc de dynamisme économique et culturel. Une France lisible et crédible capable, avec l'Allemagne et les autres pays qui veulent une Europe puissante, de relancer le processus d'union du Vieux continent pour en faire la force d'équilibre dont le monde a besoin pour vivre en paix, à l'heure où se profile une rivalité entre les deux géants que sont les Etats-Unis et la Chine.

Réaliser une telle ambition nécessite de lever les blocages qui paralysent la société française en menant à bien quelques chantiers fondamentaux bien choisis. Nous en avons identifié trois.

  1. Renouer avec la croissance

Sans croissance, les acquis sociaux sont des chèques sans provision. Sans croissance, la solidarité entre générations est menacée. Sans croissance, les finances publiques exploseront sous le poids de la dette. Autrement dit, parler de redistribution, de dépenses publiques ou d'ambition européenne avant d'avoir présenté une stratégie crédible pour renouer avec une croissance forte et durable relève de l'imposture.

La France est aujourd'hui prise en tenaille entre d'une part les pays émergents qui profitent de l'avantage concurrentiel que leur confère leurs faibles coûts de production et, d'autre part, les pays leaders dans l'innovation qui ont su s'adapter à la nouvelle donne mondiale. Pire, latenaille est en train de se refermer avec la montée en gamme très rapide de la Chine, du Brésil et de l'Inde. Pour sortir de la tenaille la France doit rejoindre les pays qui font la course en tête dans l'innovation. C'est possible, car notre pays dispose de tous les potentiels pour réussir dans la société de la connaissance. Mais cela passera par quelques bouleversements :

· Réhabiliter les universités en les rendant enfin autonomes, comme le sont leurs homologues étrangères.

· Mettre la recherche au c½ur de la société en transférant les laboratoires publics à des universités puissantes, visibles internationalement : véritables lieux de synergie entre la jeunesse, l'excellence scientifique et le monde économique.

· Confier aux régions l'essentiel des compétences micro-économiques de l'Etat, pour en finir avec nos modes d'organisation hiérarchisés et centralisés qui ralentissent tous les processus de décision et anesthésient nos capacités d'innovation.

· Enfin, dépasser les vieux clivages stérilisants entre monde académique et monde économique, ou entre recherche fondamentale et recherche appliquée, grâce à la mise en place progressive de 400 clusters ou « pôles de compétitivité ».

  1. Revitaliser la démocratie

Les insuffisances de la démocratie française affaiblissent notre pays. En dépit de son incapacité à faire la pédagogie du monde nouveau, la classe politique se renouvelle trop lentement et enferme le pays dans des schémas périmés. Le sentiment que la démocratie est confisquée se répand - non sans raisons - et l'addition de l'abstention avec les votes de refus fait planer la menace d'un infarctus démocratique de plus en plus proche. Pour mettre un terme à cette situation, quatre mesures s'imposent :

· Suppression de tout cumul des mandats, pour accélérer le renouvellement des élus et redonner sa force à un Parlement aujourd'hui abaissé.

· Rétablir l'équité entre tous les citoyens grâce à l'obligation faite aux élus fonctionnaires de renoncer au statut de la fonction publique.

· Une simplification radicale de l'organisation territoriale grâce à une réduction du nombre de niveaux électifs et à la disparition des financements croisés afin de permettre à notre système démocratique de redevenir lisible pour le citoyen.

· La création d'un referendum d'initiative populaire.

  1. Dégager les Français de la tutelle de l'appareil administratif

Au cours des 20 dernières années, un million de postes de fonctionnaires ont été créés, alors que le phénomène inverse se produisait dans tous les autres pays développés grâce aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Face à la décentralisation, l'Etat central a multiplié les procédures de contrôle des pouvoirs locaux. Il est urgent d'inverser cette logique. Nous préconisons quatre réformes clefs pour alléger l'administration et rendre efficacité et légitimité à la puissance publique :

· Redéfinir le rôle de l'Etat stratège autour de ses missions régaliennes.

· Transférer aux régions toutes les tâches de gestion.

Deux exemples de cette répartition des tâches:

  • dans l'éducation, la définition des programmes du primaire et la formation des maîtres resteront des responsabilités de l'Etat, mais tout le reste - recrutement des enseignants, organisation des cours et des examens, gestion des personnels et des infrastructures... - sera décidé au niveau de la région, de la commune, voire de l'établissement ;
  • en matière économique, l'Etat et l'Europe conservent les politiques macroéconomiques comme la politique monétaire, les négociations internationales dans le cadre de l'OMC, etc. Mais les compétences microéconomiques sont transférées aux régions : aides aux PME, tutelle des Chambres de commerce et d'industrie, formation professionnelle ...

· Libérer les fonctionnaires du carcan du statut pour mener une véritable politique de gestion des ressources humaines. Pour atteindre cet objectif, les nouvelles recrues ne disposeront plus d'un statut particulier et les fonctionnaires déjà en poste auront la possibilité de rejoindre le droit commun du travail.

· Pour plus de souplesse, pour des carrières plus variées et plus rapides : supprimer les 1 500 corps de la fonction publique, qui empêchent toute mobilité interne.

Au-delà d'une meilleure qualité des services publics et de conditions de travail améliorées pour leurs agents, ces réformes aideront à lever l'hypothèque que la dette de l'Etat fait peser sur l'avenir de la France. Grâce à la suppression des corps, des redéploiements de personnels seront possibles en fonction des besoins et nous pourrons profiter des départs à la retraite prévus dans la fonction publique pour réduire les effectifs de 300 000 agents en 5 ans. Cet engagement est une des conditions de la réussite d'un défi incontournable : rétablir en 5 ans l'équilibre budgétaire, c'est-à-dire diminuer les dépenses publiques de 20%.

Une méthode : le courage dans l'action

Réussir des réformes profondes n'a rien d'impossible, comme le prouvent les exemples de sursauts qui rythment l'histoire de France. Mais cela suppose de respecter quelques principes de méthode.

En premier lieu, les réformes doivent être présentées comme un ensemble cohérent et non comme une série de petits pas. Ce n'est pas par des petits pas désordonnés que l'on met en ½uvre un grand dessein ; car chacun sait que, sans un objectif supérieur clairement énoncé, les changements se heurtent à l'incompréhension et, donc, aux résistances légitimes des populations concernées. C'est la raison pour laquelle il n'y a pas de hiérarchie entre les trois chantiers fondamentaux que nous proposons pour débloquer la France : ils devront être menés de front car ils s'inscrivent dans un projet global pour le pays.

Conduire le changement suppose également un engagement total des dirigeants. Pour être crédibles, ils doivent présenter un calendrier précis et s'engager à démissionner s'ils s'avèrent incapables de le respecter. C'est à ce prix que la révolution démocratique deviendra une réalité.

La responsabilité de l'équipe dirigeante ne doit pas la conduire à l'isolement et masquer un autre impératif, celui de la concertation. Nous croyons que la France a besoin d'un nouveau pacte social qui ne pourra être élaboré que dans le dialogue. En amont des élections, pour créer les conditions de la transformation sociale, nous participerons donc à toute initiative visant à échanger avec les partenaires sociaux. Nous savons ce qu'il est nécessaire de faire, et cette méthode nous permettra de distinguer ce qui sera possible par la négociation de ce qui nécessitera une consultation démocratique conférant une légitimité supérieure. Dans la tradition de la Cinquième République, nous estimons en effet qu'en démocratie, c'est dans les urnes que se dénouent les situations bloquées, par le referendum ou les élections anticipées.

Enfin, rien ne sera possible sans légitimité démocratique. C'est donc en bonne partie pendant les mois qui précèdent l'élection que se joue la modernisation de la France. Et c'est pour mener cette bataille que nous avons créé Energies2007. Au cours des mois qui viennent nous voulons peser sur le grand débat qui s'annonce, faire de la vulgarisation sur la situation du pays et l'environnement international, partager notre vision de la France, obliger les candidats à se positionner sur les sujets cruciaux que nous portons... et enfin réunir 100 000 soutiens pour être en position de force au moment de choisir entre la meilleure des deux voies pour servir la France : une candidature ou le choix d'un allié sur des bases claires concernant les conditions de transformations de notre pays.

Si :  Vous partagez ces objectifs...  Vous vous reconnaissez dans la vision de la France que nous avons esquissée...  Vous considérez que lesprioritésd'action que nous avons déclinées sont justes...  Vous êtes optimiste mais lucide...  Vous voulez faire entendre votre voix et participer à un grand mouvement d'espoir pour redresser le pays... Exprimez votre soutien sur le site www.energies2007.com

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Last modified: 06/29/2006 10:17 AM

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