Écosse, Catalogne, Flandre : ces nations qui font honte aux Bretons

""

BREIZATAO €“ PENNADSTUR (19/12/2012) L'année de 2014 sera l'année des référendums d'autodétermination en Europe de l'Ouest. L'Écosse d'Alex Salmond entend organiser un référendum sur l'indépendance de son pays tout comme la Catalogne d'Artur Mas. La Flandre quant à elle, au fil des crises successives de gouvernement, adopte une approche de guerre d'usure contre une Belgique minée par la corruption socialiste wallonne. Elle est en passe d'obtenir une confédéralisation du pays, une quasi-indépendance dans les faits, en attendant mieux.

Des nations en marche

Ces nations sont de vieilles nations. Elles ne sont pas seules à vouloir prendre pleinement leur avenir en mains, si l'on en juge par l'activisme du Sud Tyrol qui n'est, rappelons-le, qu'une petite région autrichienne. Cette région est pourtant déjà autonome et son statut ferait pâlir d'envie Corses ou Alsaciens. Le Sud Tyrol compte 507 000 habitants, moins que l'agglomération nantaise. Elle peut pourtant faire défiler dans un ordre impeccable des milliers de tyroliens dans les rues de Bozen (Bolzano) chaque année pour revendiquer l'autodétermination.

Dans l'Hexagone, on ne peut reprocher aux Corses ne pas parvenir à obtenir l'autonomie immédiate : les nationalistes et autonomistes font d'excellents scores. Ils sont dans les faits majoritaires chez les Corses de souche, mais l'immigration franco-maghrébine impacte grandement les résultats. S'y ajoute le phénomène clanique : de puissantes familles corses représentent la France dans l'île depuis au moins un siècle et se maintiennent au pouvoir par le jeu du clientélisme.

La Polynésie française est actuellement dirigée par un leader indépendantiste assumé, Oscar Temaru, qui doit naviguer face à des intrigues incessantes menées par des colons français et des clientèles locales. Il n'empêche, il leur tient tête. Il paraît inévitable, dans le courant du siècle, d'évoluer vers l'indépendance pleine et entière de Fenua (Polynésie).

La Kanaky quant à elle a d'ores et déjà obtenu un statut d'autonomie : son drapeau est officiel, la priorité pour l'emploi et le logement acquise. 2014 sera aussi pour nos amis Kanaks l'année de l'autodétermination. Pas certain au demeurant que le référendum, sans domination politique de l'île par les indépendantistes, constitue la meilleure option. Les exemples polynésien, catalan ou écossais démontrent qu'une guerre d'usure est préférable à une lutte trop spectaculaire privilégiant le référendum brutal.

Les Bretons : pire peuple d'Europe

Face à cela, le peuple breton fait figure de pire peuple de tout le continent européen. Cette nation millénaire qui disposa de la souveraineté, notamment d'un royaume propre, émancipé de l'empire carolingien, puis de la couronne française, encore autonome en 1788, est aujourd'hui devenue totalement indifférente à son propre sort. L'apathie est généralisée.

Cette apathie se traduit par l'inexistence politique ou syndicale. Les Bretons ne sont pas organisés face à l'État Français, tant sur le terrain social que sur le terrain politique. L'offre existe bel et bien, les partis sont nombreux, et il existe même un syndicat qui, s'il est caricaturalement gauchiste, n'en demeure pas moins incapable de pénétrer des cercles où agissent des organisations comme SUD. La presse régionale est intégralement sous domination française, aux mains d'une bourgeoisie compradore, tels les Coudurier ou les Hutin.

Certes il existe un cadre administratif défavorable mais il ne l'était pas moins en Corse, en Fenua ou en Kanaky. Si nous avons en face de nous un état hostile, archaïque, inefficace et objectivement en faillite à tous les niveaux, il se maintient sans difficulté sur le sol breton. Nous ne pouvons constater cela en rejetant la faute sur des autorités françaises uniquement. Celles-ci sont hostiles, mais si les masses bretonnes luttaient pour l'autonomie immédiate, elles ne pourraient indéfiniment remettre à plus tard un tel processus. Nous ne sommes plus en 1919.

Non, la médiocrité bretonne est bien un fait. Les élus bretons sont tous, sans exception, d'une médiocrité insigne. Mais ils sont élus et traduisent donc la médiocrité même de leurs électeurs. Pourtant le peuple breton n'a pas l'histoire des Auvergnats : notre histoire nationale est trop riche, depuis 1500 ans, pour relativiser.

Les peuples catalan, écossais, flamand mais aussi kanak ou maohi (Polynésie) nous font honte. Mais le pire est encore que cette honte, objective, n'est absolument pas ressentie par les masses bretonnes. Nos échecs économiques ne trouvent que comme solution l'émigration. Notre existence syndicale ne trouve que des relais français (CGT) jusque chez Diwan ! Un timide régionalisme a des allures d'ovni politique, de curiosité folklorique, alors qu'il est considéré comme la marque du plus grand archaïsme partout en Europe ou l'autonomie avancée est la règle.

Les causes d'une inexistence politique

Alors pourquoi, en 2012, en sommes-nous réduits à être des nains politiques ? Pourquoi sommes-nous le pire peuple d'Europe ? Celui qui se dit à €œ97% € attaché à la langue bretonne mais qui se fiche de son enseignement ? Celui qui constate l'effondrement économique, le vieillissement de la population, mais qui n'a ni syndicat ni patronat puissants ?

Les raisons sont diverses. Elles puisent dans la psychologie €“ voire l'ethno-psychiatrie €“ des masses, l'anthropologie, un contexte politico-médiatique résolument hostile.

Les Bretons, bien loin d'être €œouverts sur le monde € sont en réalité résolument renfermés sur eux-mêmes et donc, sur la France. Leur seul horizon est Paris. Tout ce qui en vient est considéré comme sérieux. Nous n'avons pas changé d'univers mental depuis deux siècles. Les masses bretonnes intègrent toujours une infériorité psychologique. La démission des hommes et le surpoids des femmes dans le rapport entre les deux sexes traduit une faiblesse structurelle de notre peuple. Car le politique est d'abord et avant tout une passion masculine, le sexe féminin se détournant généralement de la question et témoignant au surplus d'un comportement conservateur. Mais en France le conservatisme ce n'est pas voter à droite, c'est voter pour €œl'état nounou €, €œl'état-social € qui donne le biberon aux €œvugale €. Cela veut dire plus d'État Français, plus de €œservices publics €, plus de pleurnicheries €œsociales €. Logique : sans hommes forts, pas de résistance. L'homme breton est bel et bien psychologiquement castré.

Notre niveau de conscience politique nationale est inexistant. Le comportement moyen vis-à-vis des autorités résolument obséquieux. Le Breton manifeste une déférence digne des colonisés d'Afrique Noire de 1913.

Ce à quoi s'ajoute l'inexistence d'une élite nationale. Une élite nationaliste. C'est-à-dire d'un patronat, de journalistes, d'hommes politiques, d'artistes, de syndicalistes désireux de s'émanciper du cadre français. Cette élite était en germe en 1919 et a été brisée en 1944. Nous avons perdu là près de 70 ans.

Pire peut-être, les cénacles où l'idée autonomiste et indépendantiste est la moins forte sont ceux créés par cette élite de jadis : bagadoù, écoles bretonnantes, etc. Tous accros aux subventions du maître, tous anti-nationaux, bref tous plus lâches les uns que les autres. Les parfaits laquais de la cinquième putain.

Sans élite nationaliste, pas de libération

Sans une élite nationale et nationaliste, les chances pour que les masses intègrent les nouveaux paradigmes sont nulles. Et les Bretons risquent bien, à ce train, d'être les derniers jacobins de France. Oui nous sommes en dessous de tout et ce qu'il manque par dessus tout chez nous, ce sont de solides paires de couilles. Tant que la chiâlerie et l'infantisation seront la règle, nous serons des nains sans dignité, des témoins passifs de notre disparition.

Mais le plus inquiétant concerne la jeunesse : celle-ci ne rejette pas son héritage, à la différence de ceux des années 60. Elle s'en fiche, rejoignant ainsi le flot du nivellement par le bas qu'accélère encore le métissage en cours, promu habilement par un État Français devenu fou.

Nous pourrions prétendre à tout mais ne sommes rien. L'histoire se fait sans nous. Pourtant le sang breton irrigue les veines du peuple. Il ne faudrait pas grand chose pour inverser la dormition actuelle. C'est à la jeunesse de se dresser, de briser le règne d'une vieillerie soixantenaire rentière de notre déchéance.

C'est à elle de lancer le pays dans une nouvelle marche en avant, avec méthode et discipline, radicalité aussi.

Short URL: http://breizatao.com/?p=11825

About gorm