Egoïsme, altruisme, individualisme, solidarité

Une société libre est-elle réellement individualiste ?

Comme la philosophe Ayn Rand, j'affirme qu'il faut être égoïste pour être solidaire, individualiste pour être altruiste.

Comment est-ce possible ?

Soyons simples et clairs : il faut être soi-même heureux pour être en harmonie avec les autres, il faut penser à soi afin de pouvoir penser aux autres.

Quand une vie est marquée par une succession de concessions, de sacrifices, de négations de soi, la vie avec les autres devient étouffante et on ne peut jamais réellement aider quelqu'un si l'on souffre soi-même d'un profond mal-être.

Des individus peuvent sacrifier leur vie à une cause humanitaire : ils en tirent qu'on le veuille ou non un plaisir égoïste : celui de se rendre utile, de donner un sens à leur vie, d'être indispensables. Certains individus passent leur temps à écouter les problèmes de leurs amis : ils en tirent un plaisir égoïste, celui de se rassurer sur leur propre condition, de se montrer indispensables donc supérieurs.

De plus, on a tous besoin de moments de solitude, d'un endroit intime pour se ressourcer, cela ne nous rend pas asocial mais nous rend au contraire plus sociable parce que plus équilibré.

Le contact avec les autres, la relation avec les autres, la solidarité avec les autres devient un plaisir lorsque cela se fait sans pression, lorsque on le choisit librement, lorsque rien nous y oblige.

Les contraintes étatiques ou familiales n'ont jamais rendu un individu plus solidaire, ils en ont fait un individu conditionné qui agit tristement et sans cÅ“ur parce qu'il y est obligé : ainsi nombre d'individus passent à côté de leur vie sans se poser de question et arrivent au crépuscule de leur existence avec des bagages remplis d'espoirs toujours refoulés.

On se décharge également de sa responsabilité sociale sur l'Etat : " non, je n'hébergerai pas ce mendiant avec les impôts que je paye ". Ainsi, la couverture sociale collective rend les individus plus inhumains.

Enfin, la conscience socialiste collectiviste et égalitaire nous interdit d'avoir des ambitions : prétentieux, arriviste, ambitieux sont les insultes à la mode. Ainsi, il nous serait interdit de déployer toutes nos ailes pour voler plus haut, de rechercher notre bonheur et de nous enrichir. Au nom de quoi ? Qui a un quelconque droit de propriété sur une seule minute de notre vie pour nous empêcher de réussir, de s'épanouir, de s'enrichir. Au nom de quoi quelques bonnes âmes bien-pensantes exploiteraient ceux qui souffrent pour culpabiliser ceux qui réussissent et leur extorquer de l'argent servant avant tout à financer leurs trains de vie ministériels?

Les libéraux libertariens l'affirment : nous sommes propriétaires de notre corps, de notre vie, de nos biens, de l'argent que l'on gagne, on est librement capable de solidarité, on sait ce qui est bon pour nous et quel est notre choix de vie, nos intérêts égoïstes peuvent correspondre aux besoins des autres et nous rendre plus heureux avec eux, on ne demande pas à l'Etat qu'il fasse notre bonheur, on lui demande de nous laisser librement de chercher le nôtre et de nous laisser vivre.

Une telle société libre, régulée par le marché, la propriété, la responsabilité, correspondrait à la nature de l'Homme, en ferait ressortir le meilleur, et restaurerait la vraie solidarité, celle de la main humaine librement tendue, loin des bureaux et des guichets.

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