Identité européenne, état-nation et Bretonnité

La France doit faire face à deux éléments relativement nouveaux. L'influence du fédéralisme européen d'abord, qui ne menace pas la cohésion nationale, mais qui va changer l'organisation de l'espace national. Désormais, et en suivant l'exemple allemand, c'est de fédéralisme européen qu'il est question.

Un fédéralisme fiscal, également, qui fera la différence entre régions européennes du Nord et régions européennes du Sud.

Dans cette perspective, voyons comment Breizh s'inscrit dans ce débat.

Cette contestation de l'unité nationale s'inscrit dans un processus qu'on retrouve dans les autres pays d'Europe. Breizh n'est pas une anomalie.

Second élément : le "choc" migratoire. Sur une période très courte €“ les vingt dernières années €“, entre 3 millions et 4 millions de personnes ont immigré en France. Les réactions ont été plus contrastées qu'on ne le croit : xénophobie, racisme, mais aussi intégration.

La question de la bretonnité (*) se pose en des termes renouvelés.

Qu'est-ce qui fait la France ? Qu'est ce qui fait qu'on est un Breton ? Et quelle est la place de la religion chrétienne, dans un pays en train de devenir "multireligion" ? L'unité française est-elle seulement faisable ?

Les réponses, les pistes avancées sont assez faibles. Elles viennent pour partie de l'Église. Une frange répète que les racines chrétiennes de l'Europe doivent rester le ciment de l'intégration européenne, et que donc les États-Membres sont invités à réaffirmer leur catholicisme. Une autre prône le dialogue Å“cuménique, appelant à l'ouverture aux autres religions.

Les autres propositions tentent de donner un sens politique à l'état-nation français, une valeur démocratique, républicaine, ouverte. Ce que le philosophe et sociologue Jürgen Habermas (**), en Allemagne, a théorisé sous le nom de "patriotisme constitutionnel" : être fier de sa Constitution.

Mais ces tentatives de redéfinition d'une citoyenneté politique n'ont pas toujours été bien relayées par les partis.

On reste aujourd'hui dans une situation d'incertitude et de doute de l'opinion.

Breizh reste à construire.

(*) Voir http://www.erudit.org/revue/as/2001/v25/n1/000218ar.pdf

(**) Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%BCrgen_Habermas

Pour BREIZH 2004
Le Président

Claude GUILLEMAIN

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44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

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Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d'opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d'échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l'observation et de l'action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d'actualité qui concernent la Bretagne et l'Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.

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