Enseignement bilingue : la Bretagne en retard

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Les filières français-breton se développent. Sûrement. Mais beaucoup trop lentement au goût des parents d'élèves et des défenseurs de la langue bretonne.

Une bonne rentrée scolaire

13 035 élèves scolarisés en Bretagne et 42 à Paris. Le public en compte 5 424, le privé catholique 4 444 et Diwan 3 167. Après quatre années de croissance molle, les effectifs des filières bilingues ont fait, cette année, un bond de 6,1 %. Le public enregistre la plus forte progression (8,13 %) tous niveaux confondus. Diwan, qui s'est fixé comme objectif d'ouvrir deux nouvelles écoles par an, voit ses effectifs croître de 8,13 %.

C'est en maternelle que la hausse est la plus forte. " De bon augure pour l'avenir, note Lena Louarn, présidente de l'Office de la langue bretonne, mais très insuffisant pour enrayer la chute du nombre de locuteurs. "

Des ouvertures de classes

Les cinq départements bretons ont vu s'ouvrir une nouvelle école cette année. À Riantec (56) et Savenay (44) pour Diwan ; à Ploëzal (22) et Bannalec (29) pour le public; à Sainte-Marie (35), Plonéour-Lanvern (29) et Noyal-Pontivy (56) pour l'enseignement catholique. Le Pays de Brest, qui regroupe, près du quart des élèves bilingues approche les 3 000 élèves. Rennes est la ville qui scolarise désormais le plus d'élèves bilingues (574) et vient ainsi de détrôner Vannes (559).

131 communes proposent un enseignement bilingue, mais elles ne représentent que 8,8 % du nombre total de communes. " Pourtant, une offre d'enseignement à proximité du lieu de résidence est un élément important dans le choix des parents ", rappelle l'Office.

L'exemple alsacien

L'offre bilingue bretonne souffre d'un énorme déficit par rapport à des régions comparables. Si le développement du bilinguisme en Bretagne était au niveau de l'Alsace, ce ne sont pas six, mais 49 nouveaux sites publics qui auraient dû être ouverts à cette rentrée (104 nouveaux sites si on fait la même comparaison avec le Pays Basque nord). " Strasbourg a treize écoles maternelles publiques, quand Rennes en compte deux et Brest une seule ", observe Fulup Jacq, directeur de l'Office de la langue.

Un manque d'enseignants ?

Sujet polémique. Le rectorat justifie certains refus d'ouverture de classes (comme à Bruz, près de Rennes) par une pénurie d'enseignants. " Aujourd'hui, en Ile-et-Vilaine, sept professeurs certifiés bilingues sont affectés sur des postes monolingues " s'étonne Fulup Jacq, rappelant " qu'il est de la responsabilité de l'Éducation nationale de former et recruter des enseignants en nombre adéquat ". L'objectif de 20 000 élèves bilingues en 2010, fixé par la Région, ne sera pas atteint, loin s'en faut. " Y parvenir serait pourtant très simple, il suffirait de répondre à la demande des parents ",assure Lena Louarn.

Jean-Laurent BRAS.

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