Régionales : Bernadette Malgorn s'engage

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Aujourd'hui à 05:18

Bernadette Malgorn, ancienne préfète de Région, aujourd'hui conseiller maître à la Cour des comptes entre en campagne.

Elle est officiellement candidate à droite. L'ancienne préfète de Région dévoile, à Ouest-France, les grandes lignes de son projet pour la Bretagne.

En souhaitant une prochaine rencontre avec Jacques Le Guen, Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, et nombre de parlementaires bretons vous placent, de fait, en candidate. Quelle réponse allez-vous faire à cette demande ?

C'est la conviction que nous sommes à un moment décisif pour la Bretagne qui me pousse à m'engager. L'énergie créatrice, les talents, le courage des Bretonnes et des Bretons méritent qu'on leur propose un projet collectif porteur d'une dynamique régionale.

C'est le sens des contacts que j'ai engagés depuis quelques semaines avec mes amis et tous ceux qui souhaitent apporter leur compétence, leurs idées, leur expérience.

C'est ce que je vais poursuivre avec les parlementaires, les élus, notamment régionaux, les mouvements politiques et les forces vives qui partagent ces convictions. C'est dans cette perspective que j'ai accepté de rencontrer Jacques Le Guen, non pour parler de tactique politique, mais pour entendre sa vision de la Bretagne.

Comment, dans le bouleversement que connaît le monde, du fait de la crise notamment, la Bretagne peut-elle avoir prise sur son destin ?

C'est d'abord en comptant sur sa population, sur ses hommes et ses femmes toujours plus nombreux. Car la Bretagne attire. Les jeunes actifs rejoignent nos grandes agglomérations tandis que les jeunes retraités investissent le littoral. Mais dans le même temps, la Bretagne ne sait pas retenir les jeunes qui la quittent après avoir été formés. Il y a un paradoxe dans l'effort fait pour la formation des jeunes Bretons, le niveau auquel ils accèdent ¯ on parle de l'excellence académique bretonne ¯ et les débouchés proposés. Le nombre et la qualité des emplois sont insuffisants et les salaires plus bas que la moyenne nationale. À l'origine de cette situation, il y a une insuffisance d'investissement et de créations d'entreprise. Et pourtant l'esprit d'entreprise existe en Bretagne comme le montrent d'incontestables réussites.

La Bretagne ouest et la Bretagne centrale ne cachent pas leur inquiétude face au développement des pôles rennais et nantais à l'est…

C'est là qu'intervient l'équilibre territorial. Pour la Bretagne, cap de la grande Europe, la recherche de cet équilibre nécessite une vraie volonté. Le premier enjeu est celui de l'accessibilité , par tous les moyens de communication, y compris le très haut débit, jusqu'au centre Bretagne. Le second enjeu est celui du renforcement de nos technopoles et de nos pôles de compétitivité. On sait l'importance pour ces activités de l'existence d'un " réseau métropolitain ", comme celui de Rennes qui rayonne sur tout l'Est breton jusqu'à Saint-Brieuc, et celui de Nantes qui s'étend jusqu'à Vannes et Lorient. Il y a besoin à l'extrême Ouest breton d'une autre métropole que Brest peut construire en réseau avec Quimper et les villes intermédiaires.

Le fameux " modèle économique breton " est-il à réinventer ?

La compétitivité de nos territoires viendra de leur capacité à produire des biens et services de haute qualité. Une économie bretonne innovante doit organiser l'accès à la connaissance, valoriser les talents et la créativité. Nous devons forger en ce début de XXIe siècle un nouveau mod&egraegrave;le économique breton, un modèle de développement durable qui viendra relayer celui qui a fait si brillamment décoller la Bretagne au siècle dernier. Un processus qui ne détruit pas les ressources mais les préserve et les améliore. Cela s'applique au patrimoine naturel, paysager et culturel. Il y a un avenir pour notre agriculture. Il y a un avenir pour la langue et la culture bretonne ouvertes sur le monde. Et la mer dont le Grenelle explore en ce moment le potentiel dessine également un avenir pour la Bretagne.

Parmi les ressources qu'un développement durable invite à ménager, il y a aussi l'argent. Il faut rompre avec cette idée qu'on ne prend un problème au sérieux qu'en y consacrant beaucoup d'argent. Sur la lancée de la réforme de l'État, les collectivités territoriales sont invitées à s'inscrire dans un effort de reconquête de marges de manÅ“uvre par respect de nos engagements européens, mais aussi pour ménager l'avenir des générations futures.


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