Sarkozy déjà regretté…

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Le 1er janvier, la présidence de l'Europe reviendra [pour six mois] à la République tchèque et le message le plus positif émanant de Prague est qu'il ne se passera rien. Le contraste avec la France, qui a dirigé l'Union ces six derniers mois, est saisissant, à cause de l'hyperprésidence exercée par Nicolas Sarkozy.

Toujours intrépide, souvent téméraire, le président français a fait preuve d'un activisme étourdissant pour enrayer la crise financière. Sous son mandat, la concertation entre €œgrands Etats € est devenue une nécessité impérieuse, la crise russo-géorgienne a exigé une médiation fulgurante et, dans certains cas, il a absolument fallu décider séance tenante, pour ensuite, à la rigueur, en parler aux autres. Cet hyperprésident pourrait se consoler de perdre la toge européenne s'il pouvait se draper dans celle des pays de la zone euro. Mais comme d'autres membres de l'UE refusent qu'il préside l'Eurogroupe, il cherche à les contrer en avançant la nécessité d'un directoire. Il ne manque pas d'amis, plus ou moins opportunistes : Gordon Brown se laisse aimer ; sans parler de Zapatero €¦

Et s'il est vrai qu'Angela Merkel dissimule mal sa méfiance à l'égard du petit Français (la polémique idiote sur la familiarité de Sarkozy n'est que la partie immergée de l'iceberg), l'année 2009, année électorale en Allemagne, ne laissera pas une grande marge de manÅ“uvre à la chancelière allemande.

En définitive, la présidence française de l'Europe se termine sans que Sarkozy y renonce : il l'a très clairement fait savoir en déclarant devant le Parlement européen que, récession oblige, les dirigeants de la zone euro devraient se réunir €œplus fréquemment €. Surtout ceux des grands Etats, €œnon pas parce qu'ils ont plus de droits, mais parce qu'ils ont plus de responsabilités €. Le directoire des €œgrands € (l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'Espagne, murmure-t-on à la présidence française) n'a jamais été évoqué par Sarkozy avec autant de netteté.

Dans ces moments critiques, une seule chose est sûre : Sarkozy va être remplacé à la tête de l'Europe par le chef d'un Etat qui n'appartient pas à la zone euro et qui est réticent à l'égard de l'Europe politique. Ce changement intervient en outre au moment où la Commission européenne entame sa dernière année de mandat. Le Vieux Continent va peut-être regretter son hyperprésident perdu.

Quant à lui €¦

Source: http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=93057


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